LIVRE XXXVIII. a3l
de votre session, Paris a reçu de vous à tilre d'avance â5 millioDS et en demande encore. Je vous invite à n'être plus aussi facile; car autrement, vous aurez bientôt épuisé les 1,200,000,000 que vous venez de créer pour subvenir aux dépenses de la guerre. »
La GoDvention renvoie au comité des Snances toutes ces demandes et toutes les propositions qui en sont la suite, avec ordre de faire son rapport le lendemain.
Mais, le lendemain 17, l'attention de l'Assemblée se détourna sur un autre objet. La question ne fut reprise que le 25 mai ; et encore ce jour-là ne reçut-elle aucune solution définitive.
Imitant le système adopté par les démagogues de BoQConseil, ceux de l'Unité avaient fait arrêter, de leur autorité privée, le juge de paix de la section, sous prétexte qu'il avait signé «ne pétition où l'on avait eu l'audace de tourner en ridicule une divinité du jour, le célèbre Anaxagoras Chaumette. Les amis de l'inculpé viennent dénoncer cette arrestation arbitraire; ils signalent, comme ayant lancé le mandat d'arrêt, le comité cbargé spécialement de la surveillance des étrangers, mais qui, étendant le cercle de sa compétence, s'est attribué juridiction sur tous les citoyens indistinctement'.
Marat soutient les actes arbitraires commis par ses amis ; sa défense est naturellement accueillie par les manifestations bruyantes des galeries.
Isnard, qui occupe le fauteuil, se lève avec impétuo-
). Voirl. VI, p. 896.
site : « Je prévieas, dit-il, les citoyens des tribunes que tant que je serai président, je ferai exécuter la loi qui leur défend d'applaudir ou d'improuver. »
« — 11 n'y a pas de loi, lui crie Legendre, qui défende au peuple d'applaudir ceux qui le servent. »
A cette réponse de Legendre, les applaudissements recommencent.
i< Président, s'écrie Doulcet, faites évacuer les tribunes ou annoncez que la Convention nationale est décidée à sortir de Paris. »
Malgré les récriminations de Thuriot et de Lecarpentier, l'Assemblée donne gain de cause aux amis du juge de paix de la section de l'Unité et ordonne son élargissement provisoire. Cette décision provoque la colère de ia Montagne; elle réclame avec fureur l'appel nominal.
« — Oui, l'appel nominal, s'écrie Legendre, afin que l'oQ connaisse les amis du peuple et les soutiens des conspirateurs. La majorité ue peut faire la loi à la miuorité. »
fl — Je déclare, reprend Isnard, que le président manque de moyens pour se faire obéir par la minorité de la Convention. »
« — C'est la minorité, s'écrie Audouin, qui a iail la journée du 10 août. »
Le tumulte s' accroît à chaque instant; deux fois le président est obligé de se couvrir. Couthon demande la parole au nom de la patrie. Carrier, Maure, Granet l'enlèvent de sa place et le portent à la tribune, aux applaudissements des spectateurs. Force est de lui donner la parole. Il commence ainsi :
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