LIVRE XXXVHI. Î
eocore aujourd'hui, fatale à tous peut-être, mais que la violation de ce qu'il y a de plus sacré sur la terre aura rendue légitime et nécessaire. Oui, je la proclamerai; les départements ne seront pas sourds à ma Toix, et la liberté trouvera encore des asiles.
« Citoyens, ralliez-vous, il en est temps eocore; votre faiblesse a failli tout perdre , votre force peut tout sauver. Secondez le zèle des bons citoyens qui veillent sur vous, le zèle des sections qui ont si bien mérité de la patrie. Si vous les abandonniez , ce n'est pas à cette poignée de conspirateurs que la France devrait demander compte de sa liberté, c'est à vous, c'est à vous-mêmes qui l'auriez trahie par votre lâcheté, d
Au milieu des applaudissements qui accueillent la péroraison de Fonfrède, on entend la voix stridente de Marat qui réclame la parole; mais l'Assemblée la lui refuse.
« Je demande, s'écrie Vergniaud, qu'on entende tous ceux qui veulent égorger. »
Le président déclare, après avoir consulté l'Assemblée, que la discussion générale est fermée, et donne la parole à Danton sur le premier article.
fl L'objet de cet article, dit l'ex-ministre de la justice, n'a rien de mauvais en soi; mais pourquoi mettre la Représentation nationale sous la sauvegarde de tous les citoyens? N'y est-elle pas? N'y a-t-elle pas toujours été? N'est-ce pas écrit dans toutes les lois? Le législateur s'avilit quand il prend des précautions en faveur de lui-même. Décréter ce qu'on vous propose, c'est décréter la peur. Donnez une garde aux citoyens qui tremblent
ses HISTOIRE D£ LA TERREDR.
ici , mais n'annoncez pas que la Convention toute entière se laisse dominer par la crainte. )>
Vergniaud répond à Danton : « Quelle étrange position voudrait-on nous faire? Si les agents de la tyrannie pouvaient chaque jour renouveler leurs complots et vous arrêter dans vos mesures de sûreté et de justice, en vous disant : « Vous avez donc peur, puisque vous cherchez à vous garantir de nos coups? » Non, ce n'est pas celui qui se défend contre un assassin qui a peur, c'est celui qui se laisse égorger. Danton vous a dit que les lois existantes suffisent pour garantir votre sûreté. Il faut avoir la mémoire bien courte pour oublier que ces lois n'ont pas été respectées. On a donc oublié les pillages de février? on a donc oublié la conspiration du 10 mars ? on a donc oublié que ses auteurs, qui devaient être livrés aux tribunaux, sont encore en liberté? Quel conspirateur a-t-on poursuivi en vertu de votre décret? pas UQ. Qu'ont fait les autorités constituées pour exécuter vos ordres? rien.
u Depuis le iO mare, on ne cesse de provoquer publiquement au meurtre contre vous; et, parce que cette nouvelle conspiration n'a pas eu tout le succès que l'on s'en proposait, on vous parle de modération, on vous reproche d'être agités par des terreurs mal
« Quand remplirez- vous donc la mission qui vous a éié confiée? Aurez-vous le courage d'attaquer de front vos adversaires, ou bien voulez-vous attendre lâchement qu'on vienne vous enfoncer le poignard dans le sein? N'est-il pas horrible de voir les membres de la Conven-