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mois, vous ai prédit tout ce qui arrive. Pour conjurer le péri! qui vous menace, composez vos comités de membres qui soient investis de la conSaDce des patriotes les plus zélés et que vous rendrez responsables sur leur tête de toutes les mesures qu'ils prendront. Donnez-leur des pouvoirs assez étendus pour faire le bien, dussiez-vous leur donner des gardes et leur mettre un boulet aux pieds. i>
On demande que cette propositioD, comme toutes les autres du même genre, soit renvoyée au Comité de défense générale. Le renvoi est ordonné; néanmoins YAmi du peuple reste à la tribune. Le président, Jean Debry, lui dit : « Marat, vous venez d'entendre la décision de l'Assemblée; retirez-vous et allez au Comité présenter vos vues.
Marat. — « Je n'irai pas. Ce n'est pas au milieu de ses ennemis qu'un général peut délibérer.
Le Président. — « Je vous rappelle, Marat, que vous n'êtes pas un général.
Marat. — « Eh bien, je demande le renouvellement du Comité. " Mais la Convention passe à l'ordre du jour et accorde la parole à Thuriot. Celui-ci lui soumet un décret qui déclare Dumouriez traître à la patrie, fait défense à toute autorité civile et militaire de lui obéir, le met hors la loi, autorise tout citoyen à lui courir sus et promet une récompense de trois cent mille livres à ceux qui s'en saisiront et l'amèneront à Paris mort ou vif.
Ce décret est adopté, ainsi qu'un autre qui ordonne au Conseil exécutif de siéger en permanence.
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Quelques instants après, les ministres entrent dans l'Assemblée, et Garât proteste, en leur nom, de leur entier dévouement à la République; il exprime le vœu que la Convention retire à elle tous les pouvoirs, qu'elle nomme elle-même les généraux et que les ministres ne soient que les exécuteurs matériels de ses ordres.
« Non, réplique Thuriot, il importe que le peuple ait des agents responsables. C'est au Conseil exécutif à nommer les généraux, mais il peut soumettre ses choix à la ratification de la Convention. »
Marat, qui continue à s'agiter sur son banc au lieu de se rendre au Comité de défense générale, demande que tous les membres de la Convention soient tenus de rester à leur poste, et que ceux qui passeraient les barrières soient déclarés infâmes, traîtres à la patrie et qu'il soit permis de leur courir sus.
H Parlez pour ceux qui se cachent dans les caves, » crie une voix.
Cette allusion aux habitudes de VAmi du peuple provoque un immense éclat de rire.
Mais Gurran-Coulon rappelle la Convention à sa dignké. « Aucun de nous n'est assez lâche, dit-il , pour abandonner son poste lorsque la patrie est en danger. Je demande que la proposition de Marat soit improuvée. i> On se contente de passer dédaigneusement à l'ordre du jour.
L'Assemblée reçoit successivement le département de Paris, le Conseil général de la Commune. Le président invite les diverses autorités à la plus scrupuleuse surveillance. Le général Santerre paraît à la tt^le d'une
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foule assez hétérogène dont il est lui-même fort embarrassé, car elle le suit de comité en comité et l'accompagne jusqu'à la barre. « Ces pétitionnaires, dit-il, vous offrent leurs bras et demandent des armes. » Et se tournant vers les étranges compagnons qu'il a été forcé de subir : o N'est-ce pas, mes amis, reprend-il, c'est là ce que vous demandez? » A moitié convaincue de leur patriotisme et de leur bonne volonté, la Convention leur accorde néanmoins les honneurs de la séance. Puis, ayant reçu des nouvelles assez rassurantes, les unes de la Vendée, où les Républicains ont fait lever le siège des Sables, les autres du Nord lui apprenant le peu de succès qu'ont eu auprès des populations les adresses de Dumouriez, elle suspend pendant quelques heures le cours de ses délibérations.
A la reprise de la séance, Kobespierre demande la parole. « Il est temps que cette comédie finisse, dit-il, il faut que la Convention prenne des mesures révolutionnaires. Jusqu'ici, je n'ai entendu proposer que des palliatifs faits pour nous tromper sur l'étendue de nos maux, il faut adopter des mesures dictées parla liberté. Mais je dois déclarer que ce ne sera jamais dans le Comité de défense générale qu'elles seront proposées, car dans ce comité régnent des principes que la liberté réprouve! »
De violents murmures se font entendre; l'orateur
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30 HISTOIRE Dlî LA. TERREUK.
continue d'un ton solennel : ■< Citoyens, dans ce moment-ci, je me dois à moi-même, je dois à la patrie, une profession de foi. Nommé membre du Comité de défense générale, mais convaincu que les principes qui doivent sauver la patrie ne peuvent pas y être adoptés, je déclare que je me regarde comme n'en faisant plus partie. Je ne veux pas délibérer avec ceux qui ont parlé le langage de Dumouriez ; avec ceux qui ont attaqué les hommes à qui Dumouriez déclare maintenant une guerre implacable; avec ceux qui, à l'exemple de Dumouriez, ont calomnié Paris. S'il ne m'est pas donné de sauver la liberté, je ne veux pas du moins être le complice de ceux qui veulent la perdre. Je ne veux pas être membre d'un comité qui ressemble plutôt à un conseil de Dumouriez qu'à un comité de la Convention nationale. »
Des cris d'indignation éclatent à droite, ils ne font qu'exciter la colère du tribun.
II J'invoque, reprend-il, à l'appui de ce que je dis, le témoignage de Dumouriez lui-même; car dans une de ses lettres il a écrit que le comité dont je parle était excellent, à l'exception de six membres. Ces six membres, dont je m'honore de faire partie, ne peuvent faire adopter leurs idées... Je ne puis vous dissimuler ma surprise de voir que ceux qui, depuis le commencement de la dernière révolution, n'ont cessé de calomnier le côté gauche, qui fut et qui sera toujours le parti de la patrie et de la liberté, soient restés muets sur les crimes de Dumouriez, et qu'il n'y ait que nous tant calomniés qui ayons élevé la voix sur les perfidies de ce traître.
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