LIVRE XXXVIII. iH
u Lecture est faite de l'arrêté du Conseil général de la Commuoe ea date de ce jour. L'Assemblée arrête à l'unanimité qu'il sera répondu au Cooseil général que l'administrateur de police qui a présidé dimaoche, à la mairie, l'assemblée des membres du Comité révolutionnaire, et le maire, qui a présidé la même assemblée lundi, peuvent lui donner tous les renseignements qu'il désire.
<t ]>'Assemblée s'empresse également d'instruire le Conseil que la Convention nationale a décrété ce matin que la section de la Fraternité a bien mérité de la patrie. »
Le Conseil général , si énergiquement éconduil par ceux dont il espérait une rétractation , se voit obligé de pousser jusqu'au bout ses protestations d'innocence. Il décide que le lendemain tous ses membres se présenteront à la Convention nationale pour demander que les calomniateurs qui ont concouru à la rédaction de l'adresse de la Fraternité soient traduits au tribunal révolutionnaire.
Avant que cet arrêté ait pu recevoir son exécution, le Conseil général apprend une nouvelle qui pour lui est un véritable coup de massue. Hébert vient annoncer que la commission des Douze a décerné contre lui un mandai d'amener. Il déclare qu'il va obéir à la loi , mais il rappelle à ses collègues le serment qu'ils ont fait de défendre tous les opprimés. Ce serment, il l'invoque, non pour lui, dit-il, car il donnerait volontiers sa vie s'il croyait ce sacrifice utile à sa patrie, mais pour ses concitoyens, prêts à retomber dans l'esclavage.
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m HISTOIRE DE LA TERREUR.
Il termiae ses adieux en se jetant daos les bras de Chaumette, sod chef et son ami. Cette scène touchante provoque l'enthousiasme général. Le président donne au martyr de la liberté l'accolade fraternelle. Le Conseil décide : 1° qu'il restera en permanence jusqu'à ce qu'il soit rassuré sur le sort de celui qu'on enlève si violemment à ses fonctions ; 2' que, toutes les deux heures, une députation se rendra à l'Abbaye pour avoir des nouvelles du prisonnier. La commission à laquelle est confié le soin de dénoncer à la Convention les calomnies contenues dans l'adresse de la Fraternité est chargée également de demander là délivrance du magistrat ainsi arraché à raffeclion et à l'estime de ses collègues *.
La séance de la Convention s'ouvre le 25 par la lecture d'une adresse des trente-deux sections de Marseille. Celles-ci dénoncent la conduite étrange des commissaires de la Convention, Boisset et Moyse Bayle, qui n'ont été dans cette ville que les apôtres de l'anarchie
1 . Vojci l'écrou d'Hébert que nous avons relevé sur les registres de l'Abbaye :
« IS mai. — Le citoyen Hébert, substitut du procureur de la Commune, auteur d'une feuille intitulée te véritable père Duchéne, dans six numéros de laquelle il attaque ouvertement la Représentation nationale, cherclie à l'avilir et à la dissoudre. Ordre de la commission extraordinaire des Douze, Signé Ken'élegan, Saint-Harlin , Gardien, Boileau, Viger, Mollevault, Rahaut, président. »
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