‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 131 sur 205 · LIVRE XXXVlll · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVlll

et de la discorde. Elles se déclarent prêtes à extermioer sans miséricorde quiconque serait assez audacieux pour attenter à la Représentation nationale.

La discussion s'engage ensuite, et sur les actes du ministre de la guerre , et sur les demandes sans cesse renouvelées des sections parisiennes pour obteoir des avances destinées à habiller leurs volontaires. Il n'y avait pas six. semaines que Bouchotte était au ministère, et déjà son incurable incapacité éclatait à tous les yeux. Cambon, Petit, Lidon, Defermon, Bréard, Genissieux, les uns girondins, les autres montagnards, viennent successivement exposer les faits qu'ils connaissent à la charge de Bouchotte. Cambon s'élève surtout contre les effroyables dilapidations qui ont eu lieu sur le chapitre de l'habillement. Depuis neuf mois on a dépensé 551 millions pour cet objet. Cette révélation excite les murmures de l'Assemblée; mais Marat se refuse à voir dans la modidcation du ministère le remède aux abus dont on se plaint. « Quand vous changeriez, s'écrie-t-il dans son langage trivial , de ministres comme de chemises , la chose publique n'en irait pas mieux. Les dilaptdateurs sont protégés par les hommes d'État. Punissez les conspirateurs, et ne vous opposez pas aux intentions patriotiques de la Montagne. »

L'ÂssemUée éclate de rire , mais Petit (de l'Aisne) apostrophe ainsi les rieurs : c II est temps que l'Assemblée prenne la dignité qui lui convient. Nous ne sommes point ici chez Ntcolet; nous n'avons pas été envoyés par DOS départements pour entendre les farces d'un pantin comme Marat. Je demande que le premier membre qui

se permettra les noms de factieux et de scélérats contre ses collègues soit h l'iostaDt, et par ua décret spécial , chassé de l'Assemblée. <>

Cette motion, TivemeDt applaudie, est décrétée à uoe très-grande majorité.

Mais Marat, que n'arrête jamais aucun respect humain, s'écrie : « Ce décret a été rendu par des traîtres à la patrie; il sera foulé aux pieds. >>

Bréard lui répood : <i J'ai voté pour le décret ; je oe me crois pas pour cela traître à la patrie. Marat est un imposteur; je le crois pur, mais égaré. »

« Empêchez, réplique Marat, les hommes d'État de conspirer, vous n'empêcherez pas la vérité de sortir de ma bouche. Je me moque de vos décrets lorsqu'ils sont injustes. »

VAmi du peuple allait peut-être longtemps encore continuer sur ce ton, quand l'apparition à la barre de la députation du Conseil général coupe court à ses insolences. L'orateur de la Commune s'exprime ainsi :

(( La section de la Fraternité vous a dénoncé un affreux complot , mais on n'a pas nommé les conspirateurs. Par là on laisse planer le soupçon sur tous les citoyens de Paris...

« — Non, non! « s'écrie-t-on à droite.

i( Je demande, dit Danton, pour la députation de la Commune de Paris, le même silence que pour la députation de Marseille. »

Le délégué de la Commune reprend : « Nous venons réclamer vengeance au nom de nos concitoyens; nous venons demander que la pétition qui vous a été présenta

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