‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 132 sur 205 · LIVRE XXXVin · texte numérisé non relu

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à cette barre par la section de la Frateraité soit en- Toyée à l'accusateur public du TribuDal rérolutioDnaine; que le glaive de la loi tombe une fois au moins sur la tête des calomniateurs d'une ville qui a tout sacriiËé à la Révolution.

u Un autre objet nous amène devant vous. Les magistrats du peuple, qui ont juré d'être libres ou de mourir, ne peuvent voir sans indignation la violation la plus manifeste des droits 1^ plus sacrés. Nous venons vous dénoncer l'attentat commis par la commission des Douze sur la personne d'Hébert, substitut du procureur de la Commune; il a été arraché du sein du Conseil générai et conduit dans les prisons de l'Abbaye. Le Conseil général défendra l'innocence jusqu'à la mort. Il demande que vous rendiez à ses fonctions un magistrat estimable par ses vertus civiques et ses lumières. Du reste, les arrestations arbitraires sont pour tes hommes de bien des couronnes civiques. »

Le président Isnard répond : « La Convention, qui a fait une déclaration des Droits de l'homme, ne souffrira pas qu'un citoyen reste dans les fers s'il n'est pas coupable. Croyez que vous obtiendrez une prompte justice; mais écoutez les vérités que je vais vous dire : La France a mis dans Paris le dépôt de la Représentation nationale , il faut que Paris le respecte. Si jamais ta Convention était avilie, sijamais, par use de ces insurrections qui, depuis le 10 mars, ne cessent d'environner la Convention nationale , et dont les magistrats ne nous ont jamais avertis que les derniers... »

Isnard est ici violemment interrompu par les mur-

mores de la gauche. « Ce n'est pas là une réponse de président », lui crie-t-oQ.

« Si, dis-je, reprend le fougueux giroadia, par ces insurrections toujours renaissantes, ii arrivait qu'on portât atteinte à la Représentation nationale, je tous le déclare au nom de la France...

Il — Non , non ! » s'écrie-t-on à l'extrême gauche.

« — Oui , oui ! dites au nom de la France » , réplique le reste de l'Assemblée en se levant comme un seul homme.

Le président. « Je vous le déclare au nom -de la France entière, Paris serait anéanti; bientôt on chercherait sur les rives de la Seine si cette ville a existé. »

A ces mots éclatent les vociférations de la gauche. Plusieurs orateurs, et notamment Danton, demandent la parole avec fureur. Le Président continue ainsi :

Il Non-seulement la vengeance nationale tomberait sur les assassins des représentants du peuple, mais aussi sur les magistrats qui n'auraient pas empêché ce grand crime. Le glaive de la loi, qui dégoutte encore du sang du tyran, est prêt à frapper la tête de quiconque oserait s'élever au-dessus de la Représentation nationale. .»

L'orateur de la Commune réplique audacieuaement :

Il Les magistrats du peuple, qui viennent vous demander la punition des coupables, ont juré de défendre la sûreté des personnes et des propriétés. Ils sont dignes de l'estime du peuple français et de la Convention nationale, u

Une députation de la section de l'Unité (autrefois des Quatre-Nations) vient renchérir en quelque sorte

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sur ce)le du Conseil général. Elle déclare que le complot qu'on prétend avoir été tramé contre la Convention nationale n'a jamais existé. Elle demande : i* que l'ou renouvelle le Comité de correspoodance de la Convention, et que le nouveau prête serment de donner à l'Assemblée une connaissance fidèle de toutes les pétitions et adresses qui lui seront envoyées; 2* que l'on décrète l'établissement d'un tribunal composé d'un citoyen de cbaque département, et chai^, à la fin de la session, de juger ceux des membres de la Convention qui auraient trahi les intérêts du peuple ; 3' que l'on convoque pour le iOaoût prochain une nouvelle Fédération républicaine; qu'enfin on oiiganise immédiatement l'armée révolutionnaire, qui doit être payée par les riches.

Toutes ces propositions sont renvoyées aux comités compétents.

Les deux députations sont admises aux honneurs de la séance; Danton obtient la parole.

u Ass^ et trop longtemps, dit-il, on a calomnié Paris. »

<i — C'est faux! s'écrie-t-on àdniite; on n'a jamais accusé Paris, mais les scélérats qui s'y trouvent. »

« — Du reste, reprend Danton, ce n'est pas pour disculper Paris que je me suis présenté à cette tribune, Paris n'en a pas besoin ; c'est pour la République entière. Il importe de détruire auprès des départements l'effet de cette réponse, de cette imprécation du président contre Paris. Il est assez étrange qu'on vienne présenter la dévastation de cette ville par les départements... n

« — Oui, s'écrient ud grand nombre de membres, ils le feraient, n

,( — Pourquoi supposer qu'un jour on cherchera vainement sur les rives de la Seine si Paris a existé. Loin d'un président de pareils sentiments 1 11 ne lui appartient que de présenter des idées consolantes.

« Je ne sais point dissimuler n>a pensée. Parmi les meilleurs citoyens, il en est de trop impétueux; mais ne condamnez pas ce qui a fait la Révolution, car s'il n'y eût pas eu d'hommes à grandes passions, si ie peuple n'eût pas été violent, jamais il n'eût brisé ses fers. Et moi aussi, je fus au timon de l'État dans le temps des orages. Je défie ceux qui me supposent une fortune immense de m'accuser. On m'a demandé des comptes, je les ai rendus, je demande à les rendre encore de nouveau devant un tribunal révolutionnaire.

(I Je reviens à mon premier objet. Je dis que ce qui peut doubler la force nationale, c'est d'unir Paris aux départements ; il faut bien se garder de les aigrir contre Paris. Quoi ! cette cité immense qui se renouvelle chaque jour, ce centre politique où tous les rayons aboutissent, porterait atteinte k la Représentation nationale? Paris, qui a brisé le premier le sceptre de la tyrannie, violerait l'arche sainte qui lui est confiée? Non, Paris aime la Révolution; Paris, par les sacrifices qu'il a faits à la liberté, mérite les embrassements de tous les Français. Ces sentiments sont les vôtres? Eh bien, manifestez-les; déclarez que Paris n'a jamais cessé de bien mériter de la patrie. Rallions-nous, que nos ennemis apprennent à leurs dépens que la chaleur de nos débats tient à l'éoer-

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