‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 134 sur 205 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

Opinions dans ses écrits; les droits de l'homme ontdonc été foulés aux pieds. Une des premières magistratures a été violée; on a donc attaqué le peuple dans son mandataire.

« Législateurs, quelles seraient les suites funestes de cet attentat, si tous ne vous hâtiez d'arrêter à sa naissance cette puissance inquisitoriale , ce duodécemvirat effrayant? Songez, législateurs, que nous n'avons pas brisé le sceptre de la tyrannie pour courber la tête sous le joug de ce nouveau despotisme. Nous savons que depuis longtemps Paris est l'objet des plus odieuses calomnies; que des hommes pervers sèment les torches de la guerre civile et animent les Français coutre les Français. Nous savons que les dénonciations les plus absurdes sont accueillies jusque dans cette enceinte. Le peuple, fier de sa conscience, pourrait cependant vous demander quels sont ces complots et oii sont ces conspirateurs? Par quels rassemblements, par quelles émeutes, par quelles violations des propriétés, par quelles atteintes portées aux personnes, ces conspirations ont-elles éclaté? Non, citoyens représentants, interrogez votre conscience, vous n'y croyez pas vous-mêmes. Voyez cette grande cité, le berceau de la Révolution ; au milieu de ces calomnies, elle a resté {sic) calme et dans le silence. Un contingent de douze mille-hommes formé en quelques jours, ces nonabreux bataillons combattant dans nos armées et attachant leurs noms à tous nos succès, a été la seule réponse qu'elle a faite à ses détracteurs. Mais aujourd'hui , elle garderait un coupable silence si elle ne se hâtait de réclamer les droits de sa liberté violée.

aSS HISTOIRE DE LA TEHREUR.

Vous ne souffrirez pas ces attentats, législateurs, si vous êtes véritablement dignes de la confiance dont vous êtes investis. Nous vous redemandons notre magistrat ; jamais sa surveillance ne nous fut plus utile que dans les dangers qui menacent en ce moment la patrie. Tel est le vœu de seize -sectioDs de Paris, qui, aussitôt qu'elles ont en ia connaissance de l'attentat commis envers leur magistrat , se sont levées spontanément , sans attendre le vœu d'un plus grand nombre, pour réclamer sa liberté et celle des autres patriotes opprimés par le même despotisme ' u

Marat, Bitlaud-Varennes, Legendre, profitent de l'occasion pour demander que l'on casse la commîssioD des Douze. Mais, loin d'accueillir la motion des trois montagnards , l'Assemblée renvoie à cette commission même l'examen de la pétition, pour lui en faire un rapport le lendemain.

Le soir, aux Jacobins , Marat , Gouthou et surtout Robespierre sonnent la cloche d'alarme et donnent à tous les patriotes rendez-vous à l'Assemblée pour le lendemain, aSn d'avoir enfin raison « de l'infâme commission des Douze. »

i , Le Moniteur n° i 43, le Journal des Débats et Décrets d' !5) ne contiennent qu'une analyse tout à fait tronquée de l'adresse des seize sections. Cette adresse, bien que remplie de lieux communs, nous a paru mériler d'être mise in extenso sous les yeux de nos lecteurs. Elle donne bien l'idée de la popularité factice dont os voulut entourer, comme d'une auréole, l'ignoble auteur du Père Duchêm, cet Hébert que, dix mois plus Urd, Robespierre 6t saisir, Juger et guillotiner, en quelques jours, sans eiciier dans Paris autre chose *{u'un immense mouvement de satisfaction.

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