LIVRE XXXVllI
avons toujours cru. Rendez-nous de vrais républicains; détruisez une Commission tyrannique et odieuse, et que, séance tenante, la vertu triomphe, n
Le président Hërault-Séchelles répond à la députation par cette phrase amphigourique devenue célèbre : « Citoyens , la force de la raison et la force du peuple sont la même chose; vous venez en ce moment réclamer la justice, c'est le plus sacré de nos devoirs que de vous la rendre. »
Survient une seconde et une troisième députation, envoyées par les Gravilliers et la Croix-Rouge. L'orateur des Gravilliers, s'adressant nominativement à ta gauche, s'exprime ainsi : « Députés de la Montagne, vous avez écrasé de votre chute la tête du Ijran : nous vous conjurons de sauver la patrie {Oui, oui, nous la sauverons! s'écrient plusieurs membres) . Si vous le pouvez et que vous ne le vouliez pas, vous êtes des lâches et des traUres. Si vous le voulez et que vous ne le puissiez pas, déclarez-le! cent mille bras sont armés pour vous défendre. Nous demandons l'élargissement des patriotes incarcérés, la suppression de la commission des Douze et le procès de l'infâme Roland. »
La Croix-Rougo formule les mêmes demandes dans des termes presque identiques.
Toutes ces dépuiations avaient amené avec elles beaucoup d'hommes armés et non armés. Les bancs afieclés aux pélilionnaires ne suffisant plus, les nouveaux arrivés s'étaient insensiblement assis sur les sièges réservés aux. députés. Beaucoup de ceux-ci, soit fatigue, soit indignation, s'étaient retirés; il était plus de minuit.
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Lemomenl était propice pour enlever le vote tant désiré. Ed vain Heari X^rivière, au ottsa de la Commissioa dés Douze, demande-t-l! la parole; sa voix courageuse s'éteint au milieu des liurlements de la démagogie. C'est alors que Lacroix convertit eu motion la demaade des pétitionnaires. fiénuilt-S^cbeUes met aux voix l'élargissement d'Hébert et consorts et la cassation de la commission des Douze. Quelques députés se lèvent à l'épreuve, quelques autres à la contre-épreuve. Les émeutiers, assis sur les bancs des législateurs, votent comme s'ils étaient revêtus des fonctions de ceux dont ils occupent la place '■. Hérault^Séchelles déclare que les deux décrets sont adoptés, et se hâte de lever la séance.
i. Pendanl que la commission des Douze succombait ainsi sous les efTorls réunis de l'asluce et de la violence, elle écrivait du lieu de ses séances à la Convention celle nouvelle leUre. Les Douze ne pouvaient laisser un plus noble monument de leur courage et de leur
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Commission extraordinaire des Douze.
a Citoyen président, « Tout entière è l'esécjtion de votre décret, la commission estra- ' ordinaire s'occupe de votre sûreté, de celle de Paris et de la fortune publique. Elle apprend que, tandis qu'elle travaille % remplir vos ordres avec une activité infalipble, on ]a calomnie auprès de vous. Elle commence à tenir les Gis de la conspiration qui tend à dissoudre la reprfeentation nationale; aussi n'épargne-i-oa rien pour dissoudre votre commission ell&-méme ; on la calomnie, parce qu'on craint la lumière qu'elle veut répandre; elle espère que vous ne prononcerez rien avant d'avoir entendu son rapport. Quand elle a accepté la mission périlleuse dont vous l'avez chargée, elle a résolu de la remplir, de veiller pour la fortune publique, pour vous et pour Paris, ou de mourir. On l'a menacée de venir l'attaquer au lieu de ses séances
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