LIVRE XXXVIll
Dans tout ceci, Danton n'avait pas paru, mais il avait confié le. soin d'escamoter le vote à deux de ses amis iDlimes, Lacroix et Hérault-Séchetles. Ceux-ci avaient merveilleusement accompli celle lâche. Danton avait été longtemps à prendre sa résolution; il senlajt vaguement que l'abîme qui s'ouvrait pour ses adversaires pourrait bien ne se refermer qu'après l'avoir dévoré lui-même. Habitué aux orages révolutionnaires, il avait le pressentiment que la tempête qu'il soulevait ne s'arrêterait pas aux premiers obstacles, mais balayerait impitoyablement tout ce qui tenterait de s'opposer à sa fureur. Les avances qu'à plusieurs reprises il avait faites à la Gironde avaient été repoussées avec dédain. A chaque fois, le spectre de septembre s'était dressé entre lui et ses anciens adversaires. Après la séance du 27 mai, les rôles furent intervertis : quelques députés girondins essayèrent de ramener le terrible tribun à des sentiments plus conciliants; mais son parti élait pris irrévocablement, A ces tardives ouvertures il répondit : /Is n^ont pas confiance, témoignant ainsi tout à la fois et de sa résolution immuable et de ses regrets impuis-
ses papiers soot en sûreté, et ses enneaiis seront trompés au moins à cet égard. Vous pouvez casser votre commission, mais elle n'aura rien à se reprocher envers la patrie, et ce n'est pas votre commission qu'il faudra plaindre.
ce MoLLEVAULT, président; P. ItABAUT, secrétaire. < 37 mu au soir Hn, an V de Ift République. >