‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 170 sur 205 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

Mais si la CoDvenfion s'était séparée, croyant que tout était fiDi, on veillait à l'Hôtel de Ville, aux Jacobins, dans les sections ; on se Iransmeltait des arrêtés et des mots d'ordre ; on se préparait à recommencer l'agitation le lendemain. On gourmandait l'apathie de ceux qui s'étaieut chargés de diriger le moureroent-.

le territoire de laquelle demeuraient M. et M""' Roland, les avait pris sous sa sauvegarde. Il fallut que le Conseil général de la coramune envoyât six commissaires à cette section pour l'engager à donner suite au mandat d'arrêt.

L'écrou de M°" Roland est ainsi consigné sur les registres de l'Abbaye :

Ordre de Uarquet, Municipalité de Paris l^juJn.Lacitoyenne président par inté- et Comité révolu- Roland, épouse du rim, et Clémence, tionnaire central, ministre, entrée en

aecrélarre de la d'après un arrêté prison le 1" juin.

Commission. pris par la Com-

31 mai. mission.

1. Voici notamment comment s'exprimait la section des Piques, il laquelle appartenait Robespierre, el qu'il ne cessa de diriger plus ou moins ouvertement r o Les hommes qui ont déterminé le peuple, fatigué de trahison, à s'insurger pour recouvrer enfin ses droits, se sont conduits de manière â faire croire qu'ils sont d'intelligence avec les ennemis du peuple. La Commune anéantie, ce matin, par la volonté souveraine du peuple, et malheureusement recréée aussilûl par l'efTet-de la couliance que le peuple de Paris a cru pouvoir mettre en elle, coniiaoce à laquelle elle a si mal répondu, semble avoir considéré son anéantissement comme un téve, et, à peine recréée, oubliant sor créateur, elle agît comme si elle existait de toute éiernilé, indépendamment de la volonté du peuple souverain.

* L'insurrection excitée aujourd'hui par le son du tocsin et le canon d'alarme, et terminée sans aucune espèce d'avantage pour la chose publique, ne fait que donner de nouvelles armes à nos ei

Le J"'juin, la Coavention nationale ouvre sa séance à dix heures du matin, sous la présidence de Mallarmé. Les premiers moments sont consacrés à la lecture de a correspondance et à l'adoption de plusieurs mesures financières. Le président donne connaissance d'une iettre de Roland, qui rappelle à la Convention le décret formel qu'elle a rendu, et aux termes duquel, si ses comptes ne sont pas apurés dans quinze jours, il pourra sortir de Paris. Ces quinze jours sont expirés. L'ex-ministre de l'intérieur demande à user du bénéfice du décret.

Defermon appuie cette réclamation. Jean-Bon-Saiol- André répond que sî le comité des finances n'a pu faire son rapport dans le terme indiqué, c'est qu'il a été accablé de travaux extraordinaires. Collot d'Herbois va plus loin : « Il ne suffît pas, dit-il, que Roland ait rendu ses comptes pour cesser d'être responsable. Il est un

eL leur procurer le moyen d'ajouter le ridicule de la plaisanterie aux calomnies déjà verbes à pleines mains sur la ville de Paris.

• On a proposé en conséquence d'arrêler que la Commission révolulionnaire et le nouveau Conseil général do la commune soni indignes de la confiance de la section. Si, dans vingt-quatre heures, la patrie n'est pas sauvée, les sections seront invitées à nommer àt nouveaux commissaires dignes de leur confiance, qui se réuniront -& l'Ëv&clié, et qui, revêtus de pouvoirs illimités, seront chargés de prendre les grands moyens qui peuvent seuls sauver la chose pu- !blique. »

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