‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 171 sur 205 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

autre compte que la nation exige de lui depuis longtemps. Cet ex-ministre est écrasé sous le poids de la malédiction publique, il ne s'en tirera qu'avec un décret d'accusation. »

Derermon appelle ensuite l'attention de l'Assemblée sur la violation du secret des lettres. Legendre réplique que le peuple s'étant levé pour arrêter les complots tramés contre lui, il est tout naturel qu'il ait étendu sa surveillance sur le directoire aristocratique des postes. L'ordre du jour est adopté sur cette double réclaoïalioo. La parole est accordée aux commissaires de la Convention dans les Bouches-du-Rhône, Boisset et Moïse Bayle, " si violemment incriminés par les adresses liiarseillaises. Après avoir fait l'apologie de leur conduite, ils dénoncent les sections qui se sont emparées de tous les pouvoirs et le tribunal révolutionnaire qu'elles ont installé de leur autorité privée. Barbarôux leur répond que le tribunal a cessé ses fonctions aussitôt qu'il a eu notifi-cation officielle du décret, mais que son dernier acte a été de faire arrêter deux individus cbez lesquels on a trouvé cent cinquante-quatre marcs d'argenterie volée dans les églises. La Convention renvoie le rapport de ses commissaires et les dénoncialions de Barbarôux à son Comité de salut public'.

1. Nous continuons à donner les récits transmis à la Commune par ses délégui^s. Le Moniteur est très-laconique sur toute cette partie de la séance.

Séance du samedi, 1" juin 1793.

< Citoyens frères et amis,

• Les commissaires nommés pour vous rendre compte du résul-

3fi0 HISTOHIU DE LA TERREUR.

L'Assemblée ne prélait qu'une oreille distraite h toutes ces discussimis préliminaires. Elle attendait avec impatience que le Comité de salut public, seule autorité qui subsistât encore depuis ta suppression définilive de Iji commissioQ des Douze, lui fit connaflre les mesures qu'il avait cru devoir prendre pour assurer la liberté des délibérations. Ces mesures se bornaient à la rédaction

Ut des délibérations de la ConventioD nationale se sont rendus à leur poste au moment de l'ouverture de la séance et vont vous rendre compte de ce qui s'y est pa^sé jusqu'à ce moment.

<r Mallarmé occupe le fauteuil.

0 La rédaction de la séance d'hier a élé adoptée malgré le regret de tous ceux qui sont en deuil de la cassation de la commission des Douze. La discussion s'est ouverte ensuite sur le mandat d'arrêt décerné par la municipalité contre Roland et sa femme. La Convention nationale a passé à l'ordre du jour, toutes choses demeurant en état.

0 On s'est ensuite plaint de la violation du secret de la poste et du retard porié dans la distribution des lettres; l'on demandait que le directoire des postes fût mandé h. la barre {>our rendre compte des motifs de ce^ plaintes; mai^, sur l'observation faite par Tlmriot, que ces administrateurs étaient plus nécessaires à leur poste le malin que le soir, la Convention a renvoyé la demande des instructions il prendre sur ce sujet au Comité de salut public, et a décrété que le directoire viendrait rendre compte ce soir au Comité de salut public après la clôture de ses travaux.

t Les commissaires envoyés à Marseille ont ensuite fait, à la tribune, lecture de leur rapport, dans lequel la Convention n'a pu méconnaître l'ardeur d'un patriotisme républicain et des faits trop puissants pour élever encore aucun doute sur la pureté de leur conduite. Néanmoins le fameux fiarbaroux a voulu répondre à ces faits par des allégations qui lui avaient vraisemblablement élé soufllées par des gens de son espèce^ le tout a été renvoyé au Comité 4e salut public pour en faire sou rapport. — Il est une heure. « Hkmit, Cavaig:(ac. *

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