‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 4 sur 205 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

la seule énergie du peuple souverain; que quant à elle, elle était debout pour dérendre la liberté ; que les frères des quarante-sept sections seraient invités à envoyer des commissaires à un point central, lesquels commissaires devraient s'occuper sans relâche des moyens de sauver la République de l'abtme dans lequel une faction calomniatrice et liberticide et des généraux perfides voulaient engloutir la chose publique et la liberté. »

Le lendemain, vingt-sept sections avaient adhéré à cet arrêté et envoyé leurs commissaires à l'Évêché. Réunis dans la salle capitulaire, ces commissaires avaient choisi pour leur président Truchon, l'homme des massacres de septembre, et s'étaient constitués en assemblée centrale de salut public et de correspondance avec les départements, sous la sauvegarde du peuple.

Avis en est immédiatement transmis au Conseil général de la Commune, qui, sur le réquisitoire de Chaumelte, sanctionne la constitution de l'assemblée centrale en lui allouant des frais de bureau'. Le Conseil décide en même temps que le lendemain dimanche, jour auquel les pétitionnaires sont d'ordinaire reçus à la barre de l'Assemblée, il s'y transportera en corps pour sommer la Convention de faire à Dumouriez l'application de la loi qui prononce la peine de mort contre quiconque demandera un roî, un dictateur, ud tyran quelconque.

L'adresse de la Commune est apportée en grande pompe à la Convention par le vice-président du Conseil général; Pache ayant voulu s'abstenir dans cette

\. Moniteur du 5 avril, n° 95, art. Commune.

occasion, à raison de ses anciens démêlés avec Dumouriez. « Nouvelle preuve, disait l'orateur municipal, de la délicatesse de sa belle âme \ »

L'Assemblée écoute eo silence cette adresse où Dumouriez était comparé n à un nouveau Brennus qui mettait la vie de ses concitoyens dans la balance de son ambition. » Elle en vote l'impresiion, mais ne décide rien, parce qu'elle veutavanttoul entendre le rapport que son Comité de défense i^éaérale lui a promis pour le lende- ' main 1"" avril.

Ce jour-là, en effet, à l'ouverture de la séance, Cambacérès vient lire les trois documents qui ont servi de base aux résolutions que Camus' a fait prendre l'avantveille : 1° ta lettre de Dumouriez en date du 12 mars, lettre que tout le monde connaissait, mais qui n'avait pas encore été lue officiellement à la tribune ; 2° une autre lettre du même général au ministre de la guerre, datée du 28 mars; 3° le procès-verbal, dressé par les trois commissaires du pouvoir exécutif, Proly, Pereira et Dubuisson, de la conversation qu'ils avaient eue à. Tournai avec Dumouriez '.

Il Ces documents, ajoute Cambacérès, prouvent que le général en chef de l'armée du Nord est à la

1 . Ce qui n'avait pas empêché Xavier Audoïn, gendre de Pache, de se faire nommer, par la section du Luxembourg, l'un des commissaires envoyés à i'Ëvâché pour diriger le mouvement d'où était partie l'adresse de la municipalité.

a. Voir tome VI, page 33S.

3. La lettre du ÏS mars et le procés-verbal des trois commissaires ont été analysés, (orne VI, page 317.

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