‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 83 sur 205 · LIVRE XXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVI

Mais la Montagne avait juré de prendre, avant la fin de la journée, sa revanche de la double défaite qu'elle venait d'essuyer; aussi s'empare-t-elle du premier incident qui surgit, pour montrer une fois de plus à ses adversaires ce que peuvent la persévérance et l'audace.

Obéissant aux. ordres de la GonventîoD, Real, l'un des substituts de Ghaumette , et Coulombeau, greffier en chef, se présentent à la barre et déposent sur le bureau du président le registre des délibérations du Conseil général. L'un des secrétaires de l'Assemblée donne lecture des arrêtés pris dans la séance du 15.

Arrivé à un certain passage, il s'arrête et fait observer que les deux dernières lignes du réquisitoire de Ghaumette sont fraîchement écrites et paraissent substituées à d'autres. Goulombeau répond qu'au milieu des affaires qui se pressent à la Commune, il n'est pas étonnant qu'il se glisse dans les actes quelques erreurs de rédaction. C'est le greffier-adjoint Dorat-Cubières qui, ditrril, avant de lire le procès-verbal au Conseil, a fait la rectification que l'on signale.

Cette réponse excite de nombreux murmures, mais Robespierre jeune s'élance à la tribune : « Citoyens, ditril , vous venez d'entendre ces délibérations que l'on voulait incriminer; qu'y avons-nous vu? Que la Commune de Paris s'est déclarée en état de révolution. En cela, elle n'a fait qu'imiter ta nation tout entière; le peuple français est en révolution, parce qu'il est en guerre contre les tyrans de l'extérieur et les traîtres de l'intérieur. Le Conseil général n'aurait pas répondu à

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la coofiance du peuple de Paris, il o'aurait pas été à la hauteur des circonstances, s'il n'avait pas pris les arrêtés que I'od tous a dénoncés. Ou a fait un crime à la Commune d'avoir établi un Comité de correspondance ; mais la nécessité d'une pareille mesure n'étaiteue pas démontrée par les calomnies que l'on vomît contre elle à cette tribune? On l'accuse de vouloir renverser la Convention et se mettre à sa place. Ne lui doit-il pas être permis de désabuser les départements? N'a-t-elle pas toujours montré, au contraire, le plus grand respect pour la représentation nationale? C'est précisément pour que le respect qui est dû à la CodventioQ nationale lui soit rendu, qu'elle a demandé que la Convention fût purgée, que les traîtres qui ont conspiré contre la patrie, qui ont entretenu des correspondances criminelles avec les conspirateurs, fussent renvoyés de sou sein. »

Le frère et le séide du grand prêtre de la démagogie contiuue longtemps encore à développer les accusations, qu'une heure auparavant la Convention a déclarées calomnieuses. La majorité l'écoute avec patience et longanimité. Elle ne s'émeut que lorsqu'on demande les honneurs de la séance pour les officiers municipaux. -~ « Ce serait un scandale ! » s'écrie Valazé. — h Ce serait contraire à un décret formel, ajoute Lanjuinais. Vous avez décidé qu'aucun accusé ne pourrait être admis à ces honneurs, s'il n'avait fait agréer sa justification par l'Assemblée. »

On propose l'ordre du jour sur la demande d'admission. Une première épreuve paraît douteuse ; à la se-

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