‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 84 sur 205 · LIVRE XXXVI. tS · texte numérisé non relu

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conde, le président, après avoir pris l'avis des secrétaires, déclare que l'ordre du jour est adopté.

Mais la gauche proteste avec violence ; elle insiste pour que l'on procède à l'appel nominal; la droite s'y refuse énergiquement. Deux heures se passent dans un tumulte épouvantable. La séance a été ouverte à dix heures du matin, et il est minuit. Qui pourrait résister à une fatigue si prolongée, qui pourrait continuer à vivre dans cette pesante atmosphère où l'air n'est plus respirabie ? Les bancs de la droite et des centres se dégarnissent peu à peu. La Montagne reste seule et fait procéder à l'appel nominal ; l/i9 membres y prennent part, et accordent les honneurs de la séance aux officiers municipaux'.

Une minorité factieuse et turbulente, qui n'était en définitive que le cinquième de l'Assemblée, l'avait, une

1. Voici cDinment celle scène fut racontée le lendemain, à lu séance du Conseil général de la Commune, par Real, le futur conseiller d'ËUt de S. M. l'Empereur Napoléon I" :

n Le Substitut du Procureur de la Commune rend compte de la manière dont il a été reçu avec ses collègues à la Convention nationale; il expose le tableau de toutes les scènes affligeantes qui ont eu lieu et des efforts employés par un certain parti pour jeter sur la Commune de Paris de la défaveur.

a II ajoute que toute la partie patriote a donné aux membres du Conseil les marques de la plus franche cordialité et les a amplement dédommagés des petits désagréments qu'ils avaient essuyés de la part des aristocrates.

< Il termine par dire qu'après une agitation de six heures et une lutte des plus indécentes, ils ont été admis h assister à la séance,

a Le Conseil général applaudit aux détails donnés par le citoyen Real. »

mzedBïGoOgle

iGO HISTOIRE DE LA TERREUR.

fois encore, par sa hardiesse et sa persévérance, emporté sur une immense majorité. Les énergumènes avaient le secret de leur force : de l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace, tel était le mot d'ordre que Danton leur avait donné. Ils y étaient fidèles.

Marat, qui s'était soustrait pendant une semaine entière au mandat d'arrêt lancé contre lui, se constitue prisonnier la veille du jour assigné pour sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire*. A peine est-il écroué depuis une heure à la Conciergerie, que plusieurs oITiciers municipaux et administrateurs de police y accourent pour veiller, disent-ils, à la sûreté de VAmi du ■ peuple. On pourvoit avec une sollicitude toute particulière à ses moindres besoins; quand il veut souper, od a soin de faire accompagner les plats et de cacheter les caraffô, comme si on craignait que quelque Borgia n'eût le dessein d'attenter à une vie si précieuse.

Le 22 avril, la salle du Tribunal révolutionnaire regorge de spectateurs, tous dévoués à l'accusé, tous prêts à venger les outrages qui pourraient être faits « à leur fidèle défenseur '. » Dès le premier moment, le

1. Nous donnons à la Qa de ce volume plusieurs documents ioédits sur )e procès de Harat.

2. Ce sont les eipressions mêmes dont se sert Marat dans le Pu-

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