LIVRE XXXVI
Quelques jours plus tard, pour que rien ne manquât aux honneurs rendus à ia méinoire de Lazouski, Robespierre prononça son panégyrique dans la principale basilique consacrée au nouveau culte, au dub dès Jacobins.
Après les scènes que nous venons de raconter, nous craindrions de fatiguer nos lecteurs en retraçant, jour par jour, tous les incidents de la lutte de plus en plus acharnée de la Gironde et de la Montagne. Il nous est cependant impossible de passer sous silence quelquesuns des épisodes qui marquèrent les séances des 29 et 30 avril et du 1" mai.
Le Comité de sûreté générale avait Tait arrêter un député-suppléant des Bouches-du- Rhône, Mainvielle, qui arrivait à Paris pour occuper la place de l'ami de Barbaroux, Rebecqui, que des dégoûts de toutes sortes avaient engagé h donner sa démission. Le mandat d'arrêt avait été motivé sur une prétendue rixe qui avait eu lieu eulre Mainvielle et Duprat atné, président du tribunal de Vaucluse, frère du député de ce nom, mais depuis longtemps brouillé avec lui.
Mainvielle, aussitôt après sou arrestation, écrit à
n'était à même de savoir ce qu'il en était, puisqu'il vivait dana l'iotimilé du duc de la Rocheroucauld. Il faut donc, dans l'intérêt de la vérité, dédoubler le personnage de Lazouski el en faire deui individus distincts, l'un digue de toutes aos sympathies, l'autre ne méritant que DOS mépris.
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la CoDventioD et invoque son inviolabilité. Mais à peine sa lettre a-V-elle été lue par l'un des secrétaires, que Basire s'élaoce à la tribune, n Un député, dit-il, n'est revêtu de l'inviolabililé parlementaire que lorsque ses pouvoirs ont été vérifiés, et que, après avoir prêté serment, il s'est assis parmi les représentants du peuple. »
L'ordre du jour est vivement réclamé par la Montagne. Mais Quadet demande la parole et n'a pas de peine à réfuter l'hérésie que Basire vient d'énoncer. « Un suppléant est inviolable, dit-il, à l'instant même oii son rang l'appelle k remplacer un démissionnaire ; un suppléant tient son caractère, non du procès-verbal de la Convention nationale qui l'admet dans son sein , mais de celui de l'assemblée électorale. S'il en pouvait être autrement, une partie de la Convention, la Convention tout entière pourrait être arrêtée par la première autorité venue, le jour même oii elle s'assemblerait pour commencer ses fonctions. Je reviens à la question particulière. On dit que Mainvielle et ses deux amis ont été arrêtés en Qagrant délit. Mais, d'après le récit même de Basire, ce flagraot délit n'existe pas. Le Comité de sûreté générale, par une Téritable lettre de cachet, est intervenu dans cette affaire qui n'était pas de sa compétence. Sans doule, en instituant le Comité, vous n'avez pas cru l'investir du droit de lancer des mandats d'arrêt à raison de rixes particulières. Vous avez dû croire que, sinon vos décrets, du moins le soin de sa gloire, celui de sa dignité, l'empêcheraient de descendre à des actes dignes tout au plus d'un commissaire de police, n
La Montagne éclate en murmures, mais l'orateur