‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 89 sur 205 · LIVRE xxxvr. m · texte numérisé non relu

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girondin dédaigne les inlerniptions dont il est assailli et coatinue en faisant allusion au récent épisode des obsèques de Lazouski : <> Vous prétendez qu'il y a un complot formé pour assassiner les patriotes, et ce sont ces prétendus patriotes qui nous entourent de complots. La postérité sera bien étonnée lorsqu'elle apprendra qu'on a voulu décerner l'apothéose à un homme convaincu d'avoir été à la tête des pillards et d'avoir voulu marcher, dans la nuit du 9 mars, pour dissoudre la Convention. »

n Oui, s'écrie Legendre, on veut assassiner les patriotes ! Cepelletier, Léonard Bourdon ont été égorgés } OQ ne sait si Lazouski n'a pas été empoisonné; ceux qui ont voté l'appel au peuple ont-ils été l'objet du moindre sévice? Lâches conspirateurs, sachez que je n'hésiterai pas à faire rougir le fer avec lequel on marquera l'ignominie sur votre front ! »

Fonfrède prend à son tour la parole : « Je ne suis ni ne veux être le défenseur des assassins et des lâches, mais je suis celui de la représentation nationale. Si quelques individus ont mérité qu'on leur appliquât sur le front le fer chaud de l'infamie, ce sont les agents du Comité, qui, outre-passant leurs pouvoirs, ont nonseulement arrêté les trois citoyens désignés dans le mandat d'arrêt du Comité de sûreté générale, mais encore ont retenu en dét^ition arbitraire quatre membres de la Convention qui se trouvaient par hasard dans le même appartement. Je reviens à la question particulière à Mainvielle. Est-il député ? L' est-il par le fait seul de son élection comme suppléant et par la démission de celui qu'il vient remplacer? Oui. Je res-

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ai HISTOIRE DE LA TERREUR.

pecle la CoQventioii, mais je ne tiens ni ne veux tenir d'elle aucun de mes pouvoirs; ils m'ont été confiés par le peuple. Le procès-verbal de l'assemblée éleclorale de mon département» voilà mon titre. Vous l'avez vérifié; c'est une formalité que vous avez remplie, et non une autorité nouvelle que vous m'avez concédée. »

Garnier de Saintes, Marat, Maure, veulent encore soutenir les actes du Comité de sûreté générale; l'Assemblée coupe court à la discussion et déclare que Maiovielle était député au moment de son arrestation. Puis, sur la proposition de deux Girondins, Penières et Barbaroux, désireux de faire preuve d'impartialité dans une cause qui intéresse un de leurs amis, elle décide que le nouveau représentant des Bouches-du-Rhône sera consigné chez lui, que les Comités de législation et de sûreté générale feront incessamment un rapport sur cette afiaire, qu'en attendant, Mainvielle sera libre de venir à l'Assemblée avec le garde chargé de le surveiller.

Le lendemain, l'ordre du jour appelait la question des subsistances. Ducos ouvre la discussion en défendant les vrais principes de l'économie politique; il s'élève contre l'idée de taxer les grains ou d'établir un maximum, ce qui est, suivant lui, exactement la même chose. Mais il est sans cesse interrompu par les mui*mures des Montagnards, qui, ne sachant que flatter les

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passions de la multitude, épousent tous ses préjugés^ préconiseot toutes ses erreurs.

Les tribunes se mettent bientôt de la partie ; h chaque phrase prononcée par l'orateur girondin, elles répondent par des cris multipliés : u A bas ! à bas ! n

Guadet s'élance à la tribune et réclame la parole : 0 Citoyens, dit-il, une représentation avilie n'existe déjà plus. Tout palliatif pour sauver sa dignité est une lâcheté. Il est temps de faire cesser cette lutte entre la nation entière et une poignée de contre- révolutionnaires déguisés sous le nom de patriotes, m

Les murmures de la Montagne et des tribunes accueillent ces paroles; mais le bouillant orateur n'en continue pas moins : u Oui, j'appelle et j'ai raison d'appeler contre-révolutionnaires ceux qui outragent, avilissent, menacent la Convention. Que peuvent en effet désirer les rois et les tyrans coalisés contre vous? Rien tant que de vous voir menacés, avilis, outragés. Ils savent bien que, dans cet état, vous ne pourrez donner une constitution au peuple, ou que celle que vous lui donnerez se ressentira nécessairement de l'avilissement dans lequel on'veut vous plonger. Eh bien , je vais faire une proposition' qui révoltera sans doute tous ceux, qui n'ont pas dans le cœur l'amour de la République et de la liberté. Je demande que la Convention décrète qu'elle tiendra lundi sa séance à Versailles. »

Cette proposition inattendue provoque les applaudissements de la droite et les murmures de la gauche.

Ua jeune homme se lève : c'est Viger, un nouveau représentant de Maine-et-Loire qui a quitté les

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raDgs de l'année, où i) serrait comme simple grenadier, pour remplacer un député démisaonoaire. Il D'est pas encore accoutumé à l'insolence des tribunes et aux défaillances de l'Assemblée. Aussi s'écrie-t-41 avec la franchise et l'audace qu'il a puisées dans les camps: « Pourquoi agourner notre départ pour Versailles jusqu'à lundi? Ce serait donner aux malveillants les moyens de l'empêcher. Quant à moi, je demande qu'au premier murmure des tribunes, nous nous retirions tous et mar^ chions à Versailles, le sabre à la main ! »

Cette motion est le signal du plus violeot tumulte. Le président est, comme la veille, obligé de se couvrir. Sur la demande même de plusieurs Montagnards, notamment de Levasseur et de Dantoa, l'Assemblée ordonne de faire évacuer la tribuoe d'où sont parties les vociférations les plus véhémentes. Mais les citoyens qui l'occupent préviennent l'exécution de cet ordre, et abandonnent la place en faisant signe à leurs alïidés des autres tribunes d'imiter leur exemple. Le calme se rétablit peu à peu. Ducos peut enfin continuer son discours étincelant de verre et d'esprit.

Il Le tumulte scandaleux, dit-il, qui m'a troublé dans le cours de mon opinion, tient non-seulement aux causes habituelles de désordre et d'irrévérence qui agitant les tribune de cette assemblée, mais encore aux préjugés invétérés du plus grand nombre des citoyens de Paris sur la matière des subsistances, préjugés qui, pour le dire en passant, leur ont été inspirés par le despotisme, quand il donnait autrefois le pain à bon marché aM peuple,, pour avoir à son tour bon. marché de son

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