LIVRE XXXTI
nistres du culte catholique, tous les hommes veufs et sans eafauts ;
« 2° D'étabUr dans chaque département une caisse où tous les propriétaires, ayant un revenu net de plus de deux mille livres, seront tenus de verser la moitié du surplus de leur revenu; d'ordonner que les sommes portées dans cette caisse soient réparties en proportions égales du nombre des nécessiteux de chaque commune et de chaque section ; que cette caisse subvienne également à l'armement et à l'équipement des défenseurs de la patrie
« 3* Qu'un maximum soit établi pour régler le prix de toutes les denrées nécessaires à la vie.
Il Mandataires du peuple, voilà nos moyens de sauver la chose publique ; nous les croyons les seuls infoîllibles. Si vous ne les adoptez pas, nous vous déclarons, nous qui voulons la sauver, que nous sommes en état d'insurrection ; dix mille hommes sont à la porte de cette enceinte »
De violentes rumeurs, parties de tous les points de la salle, empêchent l'orateur de continuer. Mazuyer s'élance à la tribune.
« Les représentants du peuple, dit-il, ne courberont leurs têtes sous aucun joug. Les poignards des assassins ne peuvent rien contre eux ; je ne vous proposerai pas de quitter Paris dans cet instant. »
« — Non, non! jamais! n s'écrie-t-on de toutes parts.
« — C'est à Paris, ajoute Fonft^de, c'est à Paris que nous saurons mourir ou faire triompher la liberté! n
« — En arrivant ici, reprend Mazuyer, nous nous
sommes dévoués à tous les événements, k tous les périls; mais, en nous dévouant à la mort, sauvons la République ; ne laissons pas les choses arriver à un tel point que si les assassins venaient nous égorger tous, il ne rest&l pas d'autorité légitime. Ne laissons pas le pouvoir passer entre les mains de Paris, qui a tenté plusieurs fois de l'usurper. Je demande que, dans huit jours, nos suppléants soient réunis à Tours ou à Bourges, et que, dans le cas où la Convention serait anéantie, ils se saisissent à l'instant même de l'autorité. Je demande que le comité de correspondance établi entre la Commune de Paris et les A&.OOO municipalités de la République soit cassé, que tous les papiers de ce Comité soient saisis, et que l'examen en soit envoyé h une commission nommée à cet effet. »
La Monlagoe comprend que ses aflTidés ont été trop loin; aussi Brival, Mallarmé, Thuriot, viennent-ils déclarer qu'ils sont autorisés, par la plus grande partie des pétitionnaires rassemblés sur la place Vendôme, -à désavouer ce que la pétition peut avoir de trop audacieux. Sur cette assurance, la Convention passe à l'ordre du jour *. Elle espérait qu'en faisant à chaque instant des
4 . Nous avons retrouvé le procès-verbal de la séaoce qui se tint au Comité de salut public le soir même du jour où fut apporté» i la barre de la Convention la pétition du faubourg Saint-Aoïoine. Il est ainsi conçu :
« Comité de salut public,
a Présents : Guyton, Barère, Cimbon, Lindel, Delmas, Danton, Lacroix.
« Séance du 1" mai 1793, au soir.
< Le citoyen Lasource s'est présenté et a dit que la Conventioo
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