LIVRE XXXVI
sacrifices aux paSMOos démagogiques, elle parviendrait à les calmer. Déplorable calcul qui devait aiwutir à la catastrophe du 2 juin !
Du reste, dans les questions écooomiques, l'Assemblée ne montrait pas moins de faiblesse qu'ea politique. Depuis longtemps, les meneurs de l'Hôtel de Ville représentaient le maximum du prix des grains comme la panacée la plus puissante contre la misère des classes laborieuses ; ils déclaraient que ceux qui s'opposaient à cette mesure étaient les ennemis de la France et les complices des accapareurs. Ils allaient jusqu'à demander que le prix du pain fût fixé à trois sols dans toute la République et qu'on maintint ce prix au moyen de sols additionnels mis sur les riches seulement.
Malgré les protestations de tous les esprits éclairés,
nationale avait été exposée, que le maire et le commandant avaient manquéà leurs devoirs; que ni l'an ni l'autre n'avaient donné evis du mouvement qui avait eu lieu, quoique la salle se soit trouvée investie pendant la séance par plus de 10,000 hommes.
s Le commandant a attesté que Paris avait été tranquille; que fréquemment il se porte autant de monde <i la Convention qu'il s'y en est porté aujourd'hui ; que le peuple s'est comporté avec décence ; qu'il n'y a pas eu la moindre apparence de trouble, quoiqu'on ait paru vouloir provoquer le peuple ; que, pour lui, il a reçu des assurances par écrit de la tranquillité du peuple et de sa persévérance, malgré leacalomnies et les outrages. >
Le Comité, satisTait des explications de Sanlerre, ne donna aucune guite aux plaintes de Lasource. Notons que celui-ci ne venait pas présenter une réclamation individudie, mais parlait au nom de la Conveution, dont il était alors président. On peut juger, par l'attitude que prit ce jour-là le Comité de salut public, de la manière dont il entendait protéger la liberté des discussions de la représentalioB nationale.
180 HISTOIRR DE LA TERBEDR.
la CoDTentioD se laissa arracher le décret du â mai, qui dépassait de beaucoup les pratiques les plus odieuses du plus Tlolent despotisme, et ouvrait la porte à toutes les extravagances du système d'arbitraire et de réglementation que les soi-disant amis de la liberté devaient introniser bientôt dans notre malheureuse patrie.
Visites domiciliaires, confiscations des graiùs et farines non déclarés, réquisition à. tout marchand, cultivateur ou propriétaire, d'approvisionner suffisamment les marchés, au gré des directoires et des municipalités, obligation à tout individu qui se livre au commerce des grains de déclarer, à chaque achat qu'il fait, la quantité dont il s'est rendu acquéreur, peine de mort contre tout individu qui serait convaincu d'avoir méchamment et à desseÎD gâté, détruit ou enfoui des grains ou farines, récompense de mille livres au dénonciateur : tel était le régime de la nouvelle inquisition établie en France, régime qui plaçait tous les citoyens, quels qu'ils fussent, sous le coup de la délation du premier misérable que tenterait la récompense promise ou qu'animerait une vengeance toute personnelle '.
i. Ce n'est qu'à la fin du décret, à l'article XXV, que le mot
maximum était prononcé. Ce maximum devait être fixé, dans chaque département et pour chaque mois, par le Directoire, sur le vu des tableau* de recensement des mercuriales. 11 devait être décroissant à partir du ^" juin, et essentiellement temporaire. Mais le triomphe de la démagogie vint bientôt rendre déSnitives et permanentes des dispositions destinées d'abord à n'être que provisoires.