‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 107 sur 200 · LIVRE XXX. S · texte numérisé non relu

LIVRE XXX. S

« Voyez, tlisait-on le soir aux veillées, ce soolceuv qtii ont applaudi a l'élablissement de la République, qui ont appelé la guerre à grands cris, que la loi exemple du lirage, et c'est nous, qui n'avons désiré ni l'une ni l'autre de ces calamités, qui allons supporter tous les maux qu'elles entraînent après elles. A quel titre ces hommes qui nous ont enlevé notre pasteur, qui le poursuivent dans les bois, qui ont dépouillé notre église de ses ornements et de ses cloches, viennent-ils aujourd'hui nous demand^'r dos enfants pour aller dérendre une république dont nous ne connaissons l'existence que par les vexations de toute nature qu'on nous fait subir en son nom ? »

Tout cela était vrai, mais d'un autre côté fallait-il ajouter des complications nouvelles aux inextricables difÏÏcultés sous les quelles succombait notre malheureuse patrie? Aux blessures qui déchiraient ce grand corps déjà si martyrisé en fallait-il ajouter une autre par laquelle irait s'écouler le plus pur sang de la France?

Les populations vendéennes et bretonnes étaient trop loin des froutières pour entendre le canon de l'étranger; elles ne pensèrent qu'à une seule chose : invoquer, contre ceux-là mêmes qui l'avaient inscrite au frontispice de leur Constitution, cette maxime': « Lorsque le peuple ou une fraction du peuple est opprimée, l'insurrection est le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

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La réunion, [Kiur la formution des listes d'appel et pour le tirage, avait élé fixée dans un grand nombre de communes au dimanche 10 mars. Conformémenl aux prescriptions de la loi, !e di;|)artement avait envoyé des commissaires dans chaque district, les districts dans ciiacune de principales communes de leur circonscriplion. Au môme jour, à la même heure, la même scène se passa d<ms cent endroits différents, sans qu'il y eût concert préalable, mais parce que les mêmes causes devaient produire naturellement les marnes elîels.

Les commissaires de district et les oilîcier-s municipaux ouvrent la séance et déclarent qu'il va Otre procédé au recensement définitif des citoyens âgés de vingtcinq à quarante ans, non mariés ou veufs sans enfants, domiciliés dans la commune ; les assistants répondent d'une voix unanime qu'ifs ne donneront ni leur nom ni leur âge. Kspérant que les récalcitrants respecteront au moins l'autorité de la Convention nationale, lescommîssaii'es font lire les décrets et les proclamations qui les accompagnent. Cette lecture est couverte de huées. Ils annoncent alors que, puisque personne neproposed'apporter dans la forme légale des modifications à la liste qui a été dressée provisoirement par les autorités locales, elle servira au tirage au sort. Mais l'apparition des urnes, dans lesquelles on a placé d'avance les noms des individus recensés, devient le signal d'un tuinullc

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