LIVRE XXX. S
épouvantable. On entoure, on menace les délL-gués du district, on renverse ics urnes, on laecre les bulletins qu'elles renrerraent. Des insultes on passe bientôt aux coups ; les commissaires n'ont que le temps de fuir. Ils reji^gnent au plus viie et non sans peine le clieflieu de district, dressent procès-verbal de la rébellion et écrivent au département pour lui demander des secours. Pendant ce temps, les paysans, maitres dti terrain, sonnent le tocsin pour avenir leurs voisins de leur victoire, et allument des feu*; de joie, qu'ils aliincnlent avec les papiers do la municipalité et les décrets de la Convention. ■
Le cadre de cet oiivrase ne nous permet pas de donner un récit exact et liélaillé de ce qui se passa dans chaque groupe insurrectionnel. Choisissons quelques épiiiodes. dénonçons les meurtres déplorables qui souillèrent les premières victoires des Vendéens, et fléti'issons-ies avesia mOrae énergie que nous avons mise îi stigmatiser les excès de la démagogie.
Dès le 11 mars au luatin, de nombreux rassemblements, armés de fusils, de fourcbes et de kUons, se dirigent vers Macliecoul, chef-lieu de district du département de la Loire-Inférieure. La garde nationale de cette petite ville ne complaît que cent hommes; elle se porte à la rencontre des pajsans; à sa tète se trouve Maupassant, ancien constituant, commissaire du déparlemeot près le district. Ceiui-ci veut haranguer les révoltés, mais il ne peut se faire entendre ; bientôt sa petite troupe se débande; il n'a plus autour de lui que trois officiers et cinq ou six gendarmes.
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A cemomeDt, quelques gardes nationauxqui s'étaient jetés dans une ruelle, espérant ainsi s'esquiver, sont repoussés à cnups.de fusil par des paysans placés en embuscade et viennent tomber aux pieds de Maupassant. I^ foule, dont l'odeur de la poudre et du saug excite les instincts furieux, se précipite alors sur le magistral ; il est jeté à bas de son cheval et percé d'un coup de pique ; ia lieutenant de gendarmerie et le commandant de la garde nationale partagent son malheureux sort.
Macliecoul appartient dès lors aux eovaliisseurs ; ils pillent la maison commune, dispersent les archives du district et, ivres de leur victoire, massacreDt une viogtaiae de citoyens, notamment le curé constitulionnei.
Dans le Morbihan, la petite ville de la Roche-Bei^ nard, par sa position sur la Vilaine, est un point stratégique d'une grande importance. Le 15 mars elle est attaquée par six mille paysans. Elle n'a pour résister qu'un détachement du 109' de ligne, quelques gendarmes et gardes nationaux, ne formant [las un total de 200 hommes armés.
Parmi les insurgés se trouvent deux frères du tt>mmandaat de la garde nationale, Bernard, que les paysans sont allés trouver chez eux et ont forcés de marcher ii leur tête. Ils servent d'intermédiaires pour amener les autorités à capituler. Celles-^:!, après de nombreux pourparlers, comprennent qu'elles ne sauraient repousser les assaillants et s'engagent à ne faire aucune résistance sur la promesse que les personnes seront respectées.
Par malheur, au moment de l'entrée des rebelles, un coup de fusil pari en l'air, lès paysans se croient
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