‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 110 sur 200 · LIVRE XXX · texte numérisé non relu

LIVRE XXX

s'étaient livrëes dans les premiers Dioments et avaient lait parvenir aux autorités coasliluées des paroles de conciliation et de paix *. Mais ces ouvertures avaient été rejetées avec dédain. La réponse des républicains fut partout la même : « Souiuetlez-vous d'abord, nous verrons ensuite, dans notre clémence, ce que nous aurons à faire. »

Les quelques personnes qui avaient voulu se porter conciliatrices entre les autorités constituées et les paysans furent traitées en rebelles et payèrent de leur tête la con>

(. Citons notamment la lettre adressée par un comité qui s'était formé, à Machecoul, d&s le lendemain de l'onvahiasement de cette petite ville, et qui réunissait dans son sein tous les partis. La lettre, en effet, estsij^néedeSoucliu, qui était un cliordebandes, etde Boullemer, qui, plus tard, se (losa comme lo martyr de la cause républicaine. Elle est adressée aux autorités de Nantes et est ainsi conçue :

I Nous vous avons peint ce malin la situation malheureuse oii se trouvent les habjlants de Macbecoul, octaaionnée par l'imprudence de quelques ^rdes nationaux qui ont tiré sur les gens de la campagne, rassemblés au nombre de dix mille de toules les paroisses circoovoisiaes de 7 ou S lieues à la ronde, qui se présentaient pour s'opposer au tirage du recrutement et se faire remettre les armes qui leur avaient été enlevées par le district. Plusieurs personnes ont péri. Un grand nombre sont en prison et courent les plus grands dang.Ts, si la force armée, qui se porto k Machecoul par Saint^PLilibert, ne se retire de suite. Les gens de la campagne veulent la paix; nous sommes persuadés que vous la voulez sérieusement. Nons redoublons d'eiforis pour empêcher le sang de couler davantage et nous croyons bien que ceux qui sont en prison n'auront aucun mal, et que les gi?ns de la campague se retireront si vous annoncez que vous vous retirez voQS-mËmes. Au nom de la paix et de l'humanité, nous vous en conjurons et soipmes vos frères et amis.

« Soucnu, J. Pebaud, D. Laheu, Bocllexes, Praud,

NiCOLLIÊRE, RENli DaRAUD. >

DictzedbyGoÔglC

fiance que leur avait inspirée I0 rôle toujou:^ saca' de parlementaires \

Ainsi s'envenima de manière à ne pouvoir plus ^tre guérie que par le fer et le feu la plaie que la République devait porter plusieurs années dans son sein. Ainsi commença cette guerre fratricide des bleus cl des blancs, dont les souvenirs et, il faul le dire, les ressentiments ne sont pas encore éteints après plus de soixante-dix années.

Nous avons essayé de dépeindre, en quelques traits, les débuts de l'insurrection vendéenne, nous devons maintenant, pour ne pas interrompre le cours des événements qui se pressent, revenir a ce qui se passait à la Convention et en Belgique. Seulement, avant de quitter ce sujet, constatons de nouveau un fait qui a, suivant nous, une importance historique capitale : c'est que, pendant cette période, les mots de royauté et de monarchie furent à peine prononcés.

Les premières aspirations que les paysans insui^

1. Gaudin-Bérillais avaitcru pouvoir adresser aux autorités nantaises le vœu de 21 communes des ervlrons de Sainl-Élienne de MoQtluc; il n'avait pris ce rôle de conciliateur, ainsi qu'il le déclarait dans sa lettre d'envoi, que comme contraint et força. Aussitôt après avoir formulé les propositions que lui avaient dictées ses concitoyens, il s'était retiré rlioï lui et n'avait pris part à aucuue démonstration armée. Il fut néanmoins arrêté un mois après dans un ^uet-apens que lui avait tendu un des commissaires du district de Nantes ; conduit dans cette ville, il ne tarda pas a être jugé et condamné à mort. Il fut exécuté le 18 avril 1793. (Voir la notice fort intéressante'consacrée à Gandin-Bérillais et à sa négociation, par M. Alfred Lallié. Nantes, 1867.J

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