LIVRE XXVI
Dès le leDdemaio, Buzot déoonce avec force le Comité de sûreté générale œmme violant toutes les lois, * aussi bien celles qui consacreDt la liberté de la presse que celles qui sauvegardent la liberté individuelle. « Oo vieDt,dil-il,d'emprisoDnerNicole,UQ journaliste estimable et qui n'a d'autre tort que de ae pas appartenir àun'certain parti *. On jette dans les fers un écrivain qui prêche
pourtaDt pas suspect de modérantJsmo, s'élève avec énergie contre cette violation de la liberté individuelle. 11 assure que plusieurs juges de paix, notamment celui de la seclioa des Sans-Culottes, se sont refusés à prêter leur concours à une raesuro aussi veialoire.
). Nicole avait, le matin inâroe, adressé au préaident de la Convention une courageuse pétition dont voici les principaux passages : <• Dnpritota dt VAbba}/», le 27 janvitr 4793.
- Citoyen président, la liberté de la presse doit être sacrée. L'immortel Lepeletier était intimement convaincu de cette grande vérité, puisqu'il Tut le premier à s'opposer â un projet de décret coolre la provocation au meurtre... Eh I bien, citoyens représentants, au mépris de tous les principes, au mépris de toutes les lois, j'ai été arrêté hier à deuï heures du malin, par ordre de votre Comité de surveillance; mon domicile a été indignement violé par une troupe d'hommes armés et moi-même traîné pendant la nuit de corps de garde en corps de garde. On a fmi par m'envoyer à l'Abbaye, en vertu d'une lettre de cachet signée Bernard (de Saintes}, Basire, Uontaui, Ruamps, Du hem et Rovère.
■ Quel est donc mon crimeT Le voici ; rédacteur du Journal fronçait, je n'ai pu mattriser mon indignation â la vue do ces t*Ma en qui l'audace le dispute à la nullité. J'ai versé le ridicule i pleines mains sur les coryphées de l'anarchie, sur les prédicants de la loi agraire, j'ai arraché une partie du masque dont ils se couvrent. Ils ont horreur de leur nudité, et dés lors ma perte a été jurée.
■ Ohl si j'eusse, dans des Teuilles incendiaires, denuodé 100,000 têtes, si j'eusse provoqué au meurtre, à l'assassinat, si je me fusse rendu l'apologiste officieux des épouvantables jounéea des I et 3 septembre , si enân je me fuBse déclaré en insarrection, je mar-
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le respect des lois et de la Convention. On exerce aujourd'hui sur les ouvrages une inquisition cent fois plus odieuse que n'eût été l'application sévère de la loi contre les provocateurs au meurtre et à l'assassinat que j'avais pro()Osée'. Faot-il donc faire l'apologie du crime pour vivre en liberté ? »
A ces paroles courageuses un violent tumulte s'élève sur les bancs de la Montagne. Julien, Dubem, interpellent vivement l'orateur. Le tumulte devient bientôt général. Le pt^sident est obligé de se couvrir. Un décret maintient la parole à Buzot :
« Vous parlezd'union,et vous outragez vos collègues; vous parlez d'union, et vous vous calomniez sans cesse; vous parlez d'union, et les citoyens ne se regardent plus qu'avec épouvante. Tous les cœurs sont fermés, l'ami craint son ami; car aujourd'hui chacun, pour un mot. tremble d'être envoyé à l'Abbaye, oîi l'attendent les souvenirs terribles du 2 septembre. »
Un nouveau soulèvement de la Montagne ne Eait qu'exciter l'orateur Girondin à déchirer le voile sous lequel jusqu'alors il avait dissimulé le fond de sa pensée : Il Oui, s'écrie-t-il , la liberté individuelle, base de la
cherais tranquillement dans les rues de la cité, je serais le patriote par excellence.
u Suis-Je donc àAlger ou à Tripoli? Les Lenoir, les Breleull ont-ils encore des bataillons â leur dispositjonT Ne veut-on donc nous représenter la République sous des formes hideuses que pour nous faire regretter le despotisme des roisT Faut-il donc briser sa plume, parce qu'on n'a pas le courage de flatter un certain parti, parce qu'un ne sait pas composer avec sa conscience f