LIVRE XXXM
de conspirateurs habiles et heureux, nous devons prendre en pitié ce chef de parti qui livre l'expression de ses resseotloieDls à tous les échos, confie ses secrets aux trois premiers individus qui lui tombent sous la main, écrit au ministre de la guerre les lettres les plus compromettantes, et, pendant ce temps, ne prend aucune précaution, ne sait h quel dévouement i) peut se fier, quelle faiblesse il doit suspecter, s'imagine que les ordres qu'il donnera seront partout et par tous exécutés cooune s'ils étaient les plus simples et les plus ordinaires du monde.
Dumouriez oublie que le général d'armée, et encore plus le conspirateur, ne doit rien laisser au hasard de ce que la prudence peut lui enlever. Il emploie la plus grande partie de la nuit du 1" au 2 avril à écrire des lettres, à faire des proclamations. Après avoir instruit Mack des événements qui viennent de se passer, et l'avoir averti qu'il recevra prochainement les otages par lui livrés à Clairfayt, il fait connaître à son armée, aux administrateurs du Nord, à ses généraux divisionnaires, les dangers qu'il prétend avoir courus et les résolutions qu'il a prises.
Voici le texte même des deux pièces principales qui sont datées du i" avril à onze heures du soir :
lion des généram Hairille et Bonchet, qus lei représentaatB Hentz et Laporte Tenaient de faire emprisonner 6 Givet. li prenait texte de cette mwnre violente pour s'élever « contra las scélérats qni vonlaient déBorganiser la France et faire massacrer snccessirement to» les génénaz ayant bien mérité de lenr pays. ■
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ic général Dumouriez à l'armée française.
n Mes compagnons, « Quatre commissaires de la CoDrentioD aalionale sont Tenus pour n'arrêter et me conduire à la barre, le ministre de la guerre les accompagnait. Je me suis rappelé ce que vous m'avez promis : que tous ne laisseriez pas enlever votre père, qui a sauvé plusieurs fois la patrie, qui vous a conduits dans le chemin de la victoire et qui dernièrement encore vient de foire k votre tête une retraite honorable. Je les ai mis en lieu de sûreté pour nous servir d'otages. Il est temps que l'armée émette son vœu, purge la France des assassins et des agitateurs et rende à notre malheureuse patrie le repos qu'elle a perdu par le crime de ses représentants. Il est temps de reprendre une Constitution que nous avons jurée trois ans de suite, qui nous donnait la liberté et qui peut seule nous garantir de la licence et de l'anarchie dans laquelle on nous a plongés. Je vous déclare, mes compagnons, que je vous donnerai l'exemple de vivre et mourir libre. Nous ne pouvons être libres qu'avec de bonnes lois; sinon, nous serions les esclaves du crime.
u DUHOUBIÊZ.
« Aux bains do Saint-Amand , le 1" avril, onze heures du soir. ■
Dumouriex atuo citoyens administrateurs du département du Nord.
(I Citoyens administrateurs, la tyrannie, les assassinats, les crimes, sont â leur comble à Paris ; l*anar>
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