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queur. Aussi ne fait-il point d'objection à Lescuyer lorsque celui-ci vient lui apporter sa lettre, avant de l'envoyer à Dumouriez. Il lui accorde l'ouverture des portes pour l'ordonnance qui va être expédiée aux bains de Saint- Amand (il était à ce moment trois heures du matin), et le congédie eu lui disant de revenir sur les huit heures chercher Tordre nécessaire pour mettre en mouvement les gendarmes dont il lui a promis le concours.
Mais, dès que Lescuyer est parti, Ferrand fait enjoindre au maître de. poste de ne fournir à qui que ce soit des chevaux sans sa permission expresse et par écrit. Puis il envoie un de ses aides de camp aux trois représentants pour leur conseiller à mots couverts de veiller, à leur propre sûreté.
Les commissaires, sans se douter du péril qui les menace, ne négligent pas cet avis indirect. Ils font dire à un 'bataillon très-patriote de volontaires de la Charente de Tenir se mettre à leur disposition , et lui confient la garde des abords de l'auberge où ils sont descendus.
A huit heures du matin, Lescuyer se rend de nouveau chez Ferrand et lui apporte une lettre qu'il vient de recevoir de Dumouriez, en réponse à sa missive de la nuit. Le général en chef lui mande « que Neuilly va arriver h Valenciennes avec des forc^ supé- ' Heures; qu'aussitôt ce renfort arrivé, il ne faut plus
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36i HISTOIRE DE LA. TERREUR.
hésiter, mais qu'il feut être sûr de la ville. » Ferrand, certain que par suite des mesures qu'il a prises, des avis qu'il a donnés , les commissaires ne pourront ni ne voudront sortir, délivre sans hésiter l'ordre suivant à Lescuyer :
Ordre du général Ferrand, ammandani à Valenciennes.
« U est ordonné à un détachement de gendarmerie oationale, dont le nombre sera &%é par le citoyen géoénéral Lescuyer et qui se trouve être sous mes ordres i Valenciennes, de mettre à exécution les ordres du général en chef Dumouriez.
« A Valenciennes, le i avril 4793, an V de la Hépubliqye, huit heures du matin.
« Le général de brigade, Fereand. »
A la lettre que Dumouriez adressait à Lescuyw étaieot joints : 1" un certain nombre d'exemplaires de la proclamation du général en chef à son armée ; 2* une note qui enjoignait de transmettre un de œs exemplaires à chacun des commandants de place des villes environnantes. Ferrand expédie ces pièces par des or- . donnances spéciales, mais ne les accompagne d'aucun commentaire.
Se fiant au zèle que le générât semble déployer pour la cause de Dumouriez, Lescuyer le quitte, plein d'espérance, et court préparer les embuscades où doivent tomber les trois commissaires. Mais, à l'auberge, où ceux-ci sont logés, rien ne semble dénoter des •
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ap[véts de départ. Neuilly et ses régiments ne paraissent pas. Le bruit de l'arrestation de Camus et de ses collègues commuée h. se rendre. Bientôt circulent quelques exemplaires de la proclamation de Dumouriez à l'armée; des groupes, de. plus en plus nombreux et bruyants, se forment dans les rues et sur les places. Lescuyer envoie un émissaire faire part de ces symptômes peu rassurants à Ferrand; mais celui-ci lui fott dire qu'il c'ait à se préoccuper de rien, car les rumeurs vagues qui commencent à se répandre en ville paraissent inspirer aux trois représentants le désir d'aller en personne demander à Dumouriez des explications.
Soit qu'il se laisse prendre à cette ruse grossière, soit que, voyant la chance tourner, il se prépare h. tourner avec elle, le grand prévôt écrit à Dumouriez une nouvelle lettre, où se trouvent encore des protestations de dévouement, mais aussi des propositions dilatoires, des questions naïves et des marques évidentes de tergiversation'.
1. Voici cette leUre, dont le style et l'orihogiaphe laissent beaucoup à désirer. Bile fut retrouvée dans la rediogole que Dumouriez, Ion de sa faits du 4 avril, laissa eulre les mains des votoolaires de t'Yoone, ainsi que nous l'eipliquerons plus loin. Expédiée au Comité de salut public, elle suffit pour (aire envoyer Lescuyer au tribunal révolulionoaire et le bire condamner à mort. > Mon général,
I Je sors dans la minute de communiquer votre deraière lettre aa général Ferrand. Il ignorait que le général Neuilly venait à Taleociennes avec des forces et il m'a paru Tort étonné de ne pas recevoir aucunes de vos nonvelles.
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366 HISTOIRE DE LA TERRBDa.
Vers te milieu de la journée, le général Ferrand, voyant la situation se dessiner de plus en plus en Eaveur des commissaires , leur envoie un second aide de camp pour leur dévoiler lout ce qu'il sait du complot et lear
• Les esprits de cette ville sont dans une fermentation étonnante, et le géoéral Ferrand me repette encore, ainsi que le commaodant temporaire, qu'il y aurait eu une soàne terrible si l'arrestatioii eût eu lieu dans la ville; que les brigands qui y sont encore auraioit couvert leurs lâchetés, leurs infamies en se montrant dans an tel moment, et il y a plus qu'à craindre qu'ils n'eussent été secondés pir la cavallerie de l'école militaire et par un grand nombre de la gendarmerie national le.
* Le citoyens général Ferrand vient de me dire encore, wm général, qu'il avait vu ces trois messieurs ce matin, qu'ils connaissait votre proclamation de ce matin et l'arreetation d'hier soir; qu'ils se proposait d'aller cet a[»4s-dlné b Saint-Amand en conferré anc vous, je m'empresse de vous en donné avis ; dans ce cas voilk la marche sûre et prudente que je dois tenir. Aussitôt qu'ils enverront cherché des cheveaux de postes, vitle j'irais rejoindre mon délachement, qui 1^ attends sur ce chemins comme sur celui de Douai, Lille et Paris; alors je les laisse presqu'arrivéàSaint-Âmandetau moment je les prie de trouver bon que je leur enseigne votre demeure. Mais il est bon que vous en soyez prévenu. Changeront- ils d'avis? c'est ce que j'ignore et les commandants, car tout ceci va leur faire prendre un parti quelconque. Je vous le repette, si c'est de resté en ville «I de n'en pas sortir, il y a tout à craindre de les manqué oa dn nains de soulevé le peuple. Cest i vous, mon général. Il prononcé et ï donné des ordres aux citoyens général Ferrand et an commandanl temporaire. La place comme toutes les rues regorgent de monde su écoutes; voilà les choses aux naturelles, jugez d'après le tableau parlant.
« Le général Ferrand a peine à comprendre ce que veut dire le bas de votre lettre, général; il faut que demain ru>ut toyont airdi Vatencienne». Je vous avoue que je n'ai pu le satisfaire à cet égard; esse qu'il doit 6tre attaqué. On penltont présumer, craindre enfin on mouvement d'insurrection. B serait bon que lui et moi en soient
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apprendre qu'oo est en traio de réimprimer, à Valeocietutes même, la proclamation de Dumouriez. Aussitôt les trois représentants accourent chez le général, le requièrent de Eaire fermer les portes de la ville, de mettre à leur disposition toutes les troupes placées sous ses ordres et de les accompagner chez l'imprimeur Prignet*. Là, ils saisissent des exemplaires de la proclamation sortant de la presse et mettent les planches sous le scellé; puis ils se rendent dans les casernes, haranguent la troupe et font lire à la tête de chaque bataillon un arrêté qu'ils viennent de prendre et aux termes duquel ils déclarent, au nom du peuple et de la Convention, Dumouriez suspendu de ses fonctions, défendent à toute autorité civile ou militaire d'obéir h ses ordres.
Après cette tournée où ils sont admirablement reçus par les soldats et par les citoyens, les commis-
fastruits- La suspension d'armes avac les AntrichieDs nous forca- Mlle k des sacriQces quelconques. Toilà ce qu'il désire savoir et recevoir de vos nouvelles.
. Valeodeones, le 2 «rril 1793.
a Le général de divisions de la gendarmerie nationalle, « Leschteb. b
t. Le 34 mars, le Jour mbmo où l'étal-major de Dumouriez s'élablissait aux bains de Saint-Amand, le général Thouvenot avait fait venir de Valenciennes l'imprimeur Frigneteatut recommandant de se munir d'une presse et de caractères. Ce fut celle presse qui servit à imprimer les premiers exemplaires de la proclamation à l'armée. Une copie de cette pièce fut expédiée par Prignet à son atelier principal de Valenciennes et y fut réimprimée.
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368 HtSTOIRË DE LA TERREQR.
saires se readent chez Fernrnd. Ils s'y trouvent Ëice à face avec un autre confident de Dumouriez, le général Neuilly. Celui-ci vient d'arriver de Coudé avec deux régiments de cavalerie et trois batailloos; mais, ayant trouvé les portes fermées, il a pénétré seul en ville. Les députés défendent à Ferrand de recevoir ces nouveaux arrivants et envoient k chacun des conioianâants des régiments et des bataillons, l'ordre de bivouaquer sur les glacis de la place. Neuilly, s'apercevant que le projet dont il est chai^ d'assurer rexécution est éventé, comprend qu'il s'a rira de mieux à faire que de s'esquiver et de regagner Coodé arec sa troupe. 11 lui est facile de sortir du quartier général et de la ville, grâce au trouble et à la coufusion qui y régnent.
Rassurés sur te sort de Valenciennes, les commissaires écrivent à la Convention pour lui annoncer le péril auquel cette ville vient d'échapper et lui faire connattre tous les détails du complot qui devait les livrer à Dumouriez. Ces détails, qui les leur avait donnés? Celui-là même qui avait accepté la mission de les arrêter, le grand prévôt Lescuyer. 11 espérait que ses menées ne seraient pas connues ; car Ferrand, qui en avait été en quelque sorte le complice, avait autant d'intérêt que lui à les tenir secrètes. Aussitôt après la disparition de Neuilly, il se rend résolument à l'hôlel de ville où les trois députés siègent en permanence au milieu des autorités municipales; il leur remet l'ordre d'arrestatioa de Bellegarde dont il est porteur depuis le matin, leur jure qu'il n'a jamais eu la pensée de l'exécutai