LIVRE XXXri
Dumouriez s'est fait précéder au camp de Maulde par uoe nouvelle proclamation, dont te mot d'ordre est encore: « Mes eufants, suivez-moi » et dont le mot de ralli^nent est cette fois : « Je réponds de tout. » Il y rmouvelle ses récriminations contre la Convention qui emploie les revenus publics à faire voyager des intrigante, des factieux sous le nom de commissaires ; contre le parti jacobin qui veut envoyer à l'échafaud les généraux que l'armée a vus si souvent h sa tête braver des dangers de toute espèce. Il y fait, à la an, ce suprême appel : « Si vous me secondez, si vous avez confiance en moi, je partagerai vos travaux, vos dangers. La postérité dira de nous : « Sans la brave armée de « Dumouriez , la France serait un désert aride ; elle l'a « conservée, elle l'a régénérée : soyons les dignes Sis « de si glorieux pères! ' «
Bientôt le général en chef anive au camp ; durant quatre heures, il se mêle aux soldats, leur promet la paix et le repos dans deux mois, s'ils veulent marcher avec lui sur Paris.
Sfi Utnive in axlefuo au Mtmitxtir, v 97. Elle est datée da camp de Haulde, 3 avril, 8 heares du matin. Hocbe parut b la barra de l'\ssflmblée le 5 avril, au commencemont de la séance.
Le post-9criptum qui se trouve au bas de cette lettre faisait prenseotir que, si les circonslances devenaient plus critiques encore, Leveneur cbercherait à s'échapper et à ae réfugier dans une ville où il pourrait attendre les ordres de la Convention. C'est « qui arriva vingtquatre benree après. Leveneur, trompant la aurveillance que Dumouriez avait établie autour de lui , s'enfuit à Bouchatn et de là gagna Arraa, ofk il se remit entre les mains de la municipalité de cette ville.
t . Celle proclamation se trouve m exlento au Moaitew, a" 98. VI î5
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386 HISTOIRE Dl£ L\ TERRëCR.
Valence, qui est connu plus particulièrement de cette partie des troupes depuis trois mois sous ses ordres, parle avec chaleur de la gloire passée et des triomphes à venir. H aborde ramitièrement les simples soldats, donoe des poignées de main aux sergents el comble de caresses les oRiciers. Il en présente individuellemeot un grand nombre à Dumouriez et l'assure, en leur nom, d'une obéissance aveugle, d'un déTOuement absolu.
Dans ce camp se trouvait un bataillon de volontaires parisiens, le cinquième. Il attire naturellement l'attention de Dumouriez, qui te harangue en ces termes ;
« Mes enfants, je veux vous donner la paix el sauver la patrie. Je l'ai déjà sauvée plusieurs fois; vous en êtes témoins. Il nous faut ta constitution que nous avons jurée pendant trois années de suite, en 1789, 1790 et 1791. Il nous faut sauver la France de ses assassins Si vous voulez me suivre, les moyens sont
entre vos mains. «
Valence s'avance alors et, prenant par la main le lieutenant-colonel qui est à ta télé de son bataillon, il dit au général on chef :
« Voilà notre brave commandant du cinquième, il ne nous abandonnera pas. »
Cependant cet uificier, mis en demeure de con6rnier cette déclaration, balbutie quelques mots de r^ret sur l'arrestation «lu ministre de la guerre et des commissaires de la Convention. « Je réponds de tout, se hâte de dire Dumouriez. Il ne sera fait aucun mal aux députés. Quant au ministre, il n'est point fâché d'élre arrêté. «
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