‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 157 sur 200 · LIVRE XXXil. 3S · texte numérisé non relu

LIVRE XXXil. 3S

A un autre Itatailloo qui paratt hésitant, Valence dit : a Mes amis, vous n'aurez jamais la paix sans un roi. La voulez-vous? — Nous voulons bien la paix, répondent quelques voix, mais nous ne voulons pas de roi. »

Ces faibles dissidences se noient dans les (lois d'enthousiasme qu'excite la présence du vainqueur de Jemmapes. Il est accueilli, sur tout le front du camp, par de frénétiques applaudissements qui lui semblent le présage d'un dévouement sans bornes et d'une adhésion sans réticence. Aussi s'inquiète-t-it fort peu de l'absence calculée de Lcveneur. Il se contente de lui envoyer i'ordre de venir le trouver le lendemain malin à son quartier général, où il ne rentre lui-même qu'à la tombée de la nuit.

A peine y est-il arrivé qu'on lui annonce une députation des volontaires de Saône-et-Loire. Elle est composée d'un lieutenant et de cinq sous-oflîciers, qui tous ont inscrit sur leurs chapeaux : « La république ou la mort. H L'orateur de la troupe lit une adresse, oh l'on engage en termes très-énergiques le général en chef h obéir aux ordres de la Convention et à se rendre à sa barre. Dumouriez leur répond qu'ils sont aveuglés par de faux rapports et que la République ne peut s'afTermir avec un gouvernement sans frein, sans justice et sans lois, tel que celui que la Convention impose à la France. Les motionnaires ne paraissent pas disposés à se laisser persuader. Baptiste Renard qui, quoique élevé par décret de la Convention au rang de capitaine ', ne quitte pas

t. Voir tome V, page 9.

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SOD mattre, les surveille de près, dans la crainte qu'ils De se portent à des violences. Au premier mouvemeol menaçant, il appelle la garde. Sur l'ordre du général, les six volontaires sont saisis, garrottés et réunis à Pille et Lecoiutre, arrêtés la veille.

Le k avril, à la pointe du jour, les huit prisonniers sont envoyés sous boone escorte au camp autrichien; DuQiouriez les recommande à Clairfayt d'une manière toute particulière comme des brigands et des a

Tandis que Dumouricz se croyait assuré du succès, la catastrophe se préparait rapidement. Les autorités civiles de Valencicnncs, de Douai et de Lille, les ropnJsentants Le(iuinio, Cochon et Bellegardc dans la première de ces villes, Camot et Lesage-Senaut dans la seconde, le Comité de sûreté et de défense établi dans la troisième ont déployé autant d'énergie que d'habileté pour contre-balancer l'iafluence que six mois de

1 . Dans ses mémoires, Dumouriez attribue cette démarche à des volontaires de la Marne et en fixe la date au 34 mars. L'erreur es> peut-être involontaire pour la désignation du département, elle ne peut rClre pour la fixation du jour. La date du 3 avril est donnée par Dumouriez lui-même dans son second numifosle ii la nation Trançaise. {Moniteur du \" mai (733, n" (M.)

En antidatant la démarche des volontaires, Dumouriez évident' ment a voulu donner à penser que, même avant l'arrestation des commissaires, il avait été exposé aux poignards des a:

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