‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 166 sur 200 · LIVRE XXXII. 44t · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII. 44t

restreint aux bataillons - de la divisioa de droite, car Dumouriez, étant fort enroué, ne peut être ealeodu de loÏD. Il raconte de nouveau, dans les termes les plus véhéments, • comment la veille il a failli être assassiné, comment il a été forcé de fuir, ce qu'il n'a jamais fait de sa vie, et comment il a été sauvé de la mort, grâce aux braves dragons de La Tour. »

Montrant les quelques cavaliers impériaux qui sont venus jusque-là avec lui : « Ces militaires, dit-il, sont les plus braves gens du monde ; ils ne veulent que la paix et sont comme nous las de la guerre ; ils nous laisseront tranquillement faire de bonnes lois. Reprenons la Constitution de 91. Après quoi, je réponds de la paix. Chacun retournera dans ses foyers. Moi-même, je me retirerai chez moi. Que tous les braves soldats qui pensent comme moi ne m'abandonnent pas. Homme libre, je laisse la liberté de me quitter à tous ceux qui ne partagent pas ma manière de voir. Mais qu'ils manifestent leur sentiment dans ta journée et qu'ils sachent bien que je regarde ceux qui oe se rangeront pas de mon côté comme des ennemis de leur patrie. »

Le général, pendant qu'il parlait, avait aperçu des visages sombres, avait recueilli des propos peu équivoques. Dans ce moment, on vient lui apprendre que l'artillerie, dont le parc est à Saint~Amand, s'est mise en complète insurrection, qu'elle a chassé les officiers qui voulaient s'opposer àses projets; qu'elle attelle ses pièces et se dispose à partir pour Valenciennes.

Dumouriez renonce à aller haranguer les troupes du camp de Bruille, et se diiige à toute bride vers Saint-

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m HISTOIRE DE LA TERREUR.

AmaDd. Il se jetle au milieu, des artilleurs et leur Tail entendre les accrats les plus pathétiques de soa éloquoice militaire *.

Mais les canonniers restent muets et cootinuent leurs préparatifs de départ. Dumouriez, désespérant de les arrêter, les quitte; mais, au lieu de revenir au camp deMaulde, il se dirige vers Rumegies, ce dernier village français qu'avaient traversé, quatre jours auparavant. Camus et s^ compagnons d'infortune, et qui devait être aussi pour le rebelle la dernière étape vers l'exi).

A peine le général s'esl-il retiré que les cauooniers, avec leurs quatre-vingts pièces, se mettent oi route pour Valencieones. Bientôt le bruit de leur départ se répand dans les deux camps et fait éclater les sentiments, longtemps comprimés, des volontaires. Quelques anciens régiments, notamment ceux de la Couronne. d'Auvergne et de Royal-Vaisseau, tiennent encore, il est vrai, pour leur chef; mais ils déclarent en même temps qu'ils ne combattront jamais contre des compatriotes, contre des frères d'armes.

A ce langage, on peut prévoir qu'ils ne résisterooi pas longtemps à l'exemple des autres corps et qu'ils se détacheront bientôt h leur tour du général, reodo

1 . Dunouriez, dans ses Mémoire», semble faira entendre qu'il ne se présenta pasi Saint-Amand au parc d'artillerie, parce qn'oo loi fit voir les dangers eL t'inniililé de ceUe démarclie ; mais son témoignage ost plus que suspect, il nous paraU invalidé par plusieurs dcciaratiom ronnelles que nous avons retrouvées aui archives du dépôt de la guerre. Dumouriez a cru devoir passer sous silence cette démari^. parce qu'elle lai rénseit Tort mal.

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