MANIFESTE DE LA SECTION POISSONNIÈRE
(Volr]MC*t3t.»
Kepcnse du citoyen Faro, prisùUnt de ia seaion Poissonnitre, aux dèjnUit de la Cotwention nationale mvoyis dam ton wtn, le 8 man 1793, tan ^ delà RbpubliqM française.
Citoyens,
(I II est des circonstances oà quelques revers de la fortune des armes tournent à l'avantage de la République.
II Le trait qui perce nos frères aux frontières atteint le coeur de- tous les Français.
u Le peuple tout entier va se lever, et, comme un nouvel Hercole, il ne posera ses armes qu'après avoir banni de la terre et l'esclavage et la tyrannie.
a Législateurs, vous serei témoins de ce sublime effort, et sous peu les despotes vaincus et humiliés courberont la tète devant le peuple souverain. Paris s'estime heureux, et particulièrement la section Poissonnière, de pouvoir fournir une nouvelle preuve éclatante de son amour pour la liberté.
« Maintenant, mandataires du peuple, je dois vous exprimer les justes plaintes et réclamations des citoyens ici présents.
« La Convention n'a pas déployé toute l'énergie que le peuple attendait d'elle. Beurnonville n'eût jamais dû parvenir au ministère; il n'a point la confiance du peuple, et, au nom de cette assemblée, je vous demande sa destitution.
K Les officiers généraux n'étaient point & leurposte, et, par
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leur perfidie, notre avant-garde a été sacrifiée par les saiellites àes tyrans dans les plaines de la Belgique.
« Nous vous demandons le décret d'accusation contre Dnmoiiriez et contre son état-major. Nous demandons que le décret du 15 dûcembre dernier rendu en faveur de la Belgique soit commun à toute la République, qu'aucun individu des cidevant classes privilégiées ne puisse être revêtu d'uile fonclioo publique. La responsabilité des ministres jusqu'à présent n'a été qu'un mot. Un vampire de l'État, dont ie plus léger chef d'accusaiiun contre lui aurait dû faire tomber la léie sur l'échafaud, Roland, respire encore; nous vous demandons le décret d'accusation contre lui.
Il Un autre agent non moins dangereux, le minisire des contributions publiques, ce suppôt de l'agiotage, fait couler par des sources impures le.s contributions du pauvre destinées an soutien de l'État. Il n'a pas la confiance du peuple, nous vous demandons sa destitution , et que sa conduite soit renvoyée au tribunal qui doit en connaître. Nous demandons à la Convention nationale qu'elle rapporte le décret désastreux qui déclare l'argent marchandise; qu'elle tienne ses engagements envers nos volontaires; qu'elle ne souffre pas plus longtemps qu'ua assignat qu'ils reçoivent pour 5 livres n'ait de valeur que Ii5 sois. Nous lui demandons qu'elle fasse fermer la Bourse, ce repaire infâme de toutes les sangsues du peuple.
u Nous lui demandons qu'elle s'occupe des subsisiancee d'une manière favorable et utile au peuple, et que l'accaparement soit à jamais banni du sol de la liberté.
« La Convention nationale n'est pas sans avoir les plus graves reproches à se faire; elle a souvent passé à l'ordre du jour sur des pétitions les plus dignes de fixer son attenlitHi, présentées par la commune de Paris et les départements.
K Le peuple ne voit pas sans inquiétude que beaucoup de ses ) se rendent pas exactement à leur poste; que les s commencent fort tard; que cette insouciance met la chose publique dans ie plus grand danger; de là résulte le mauvais choix des membres du bureau ; car cette section vient d'apprendre avec douleur que la Convention oatiouale a ooinmé Gensonné pour son président.
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« Citoyens, dit^s à la Convention nationale que le peuple est à la hauteur de la RévoliUion, qu'il n'est nullement cou^ pable des excès commis dernièrement par quelques-uns de ses membres égarés. Dites-lui qu'elle prenne des mesures dignes du grand caractère dont elle est revêtue, et tous les mouvements populaires disparaîtront. Le peuple est levé encore une fois, il veut la liberté tout entière; il l'aura : il en est digne. Depuis quatre ans, sans lois, sans gouvernement, attaqué de toutes pans au dehors, calomnié, trahi, perMéculéau dedans; presque tous ses chefs vendus à ses ennemis; n'ayant pour lui que ses malheurs et ses vertus; ces citoyens généreux se détacji.int des affections les plus douces, abandonnant père, mère, sœurs, épouse, enfants, pour voler 5 la défense de la patrie qui leur tend les bras; tous les sacriQces ne sont rien pour eux; la mort ou la liberté, voilà leur devise; un tel peuple est invincible; c'est un peuple de dieux!
« Citoyens législateurs, la section Poissonnière volerait tout entière aux frontières s'il n'en pouvait résulter les inconvénients les plus graves. Mais elle détachera de son sein le plus de membres possible, et ceux qui resteront serviront de boucliers à la Convention nationale, feront respecter la souveraineté du peuple dans la personne de ses représentants. Voilà ie vœu des citoyens de celte assemblée ; j'omets sans doute quelques articles, mais les citoyens ici présents se reposent sur votre énergie et sur votre patriotisme.
« Fabo, prisidenl, Gbanceh, secrétaire. »
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LE PRÉTENDU ASSASSINAT DE LÉONARD BOURDON. (Voir psga S78.)
Léooard Bourdon, qui se faisait appeler, avant la Révolution, Bourdon de la Cn^niëre et exerçait la profession de maître de pension, était devenu, lors de la formation des sections, l'un des plus ardents agitateurs de la capitale. 11 avait été -cfaai^é eu septembre 1792, avec Fournier l'Américain, de la mission de ramener à Paris les prisonniers de la haute Cour d'Orléans*. Après qu'il eut livré au commandant de la force armée parisienne les malheureuses victimes qui devaient être immolées à Versailles, Bourdon resta dans le Loiret et, par la terreur qu'il inspirait, s'y fit élire député à la Convention nationale. En mars 1793, l'Assemblée ayant résolu d'envoyer dans les départements quatre-vingt-seize représentants pour activer les opérations du recrutement, il fut désigné avec un député assez obscur, nommé Prost, pour se rendre dans le Jura et la C6te-d'0r.
Orléans n'était pas sur sa route. Le désir de se montrer dans toute sa gloire et dans toute sa puissance aux meneurs jacobins auxquels il doit son élection lui fait faire un détour de plus de trente lieues. A son arrivé*, il ne va voir aucune autorité locale, mais il court à la Sociéti populaire où il est reçu avec enthousiasme.
11 y tient les propos les plus incendiaires. Après la séance,