‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 22 sur 200 · LIVRE XXVT. il · texte numérisé non relu

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pain se vendait dans ta capitale meilleur marché que dans les communes eavironnaotes, les habitants de )a banlieue Tinrent s'y approvisionner. Ce commerce s'étendit de proche en proche ; bientôt quiconque à vingt lieues à la ronde pouvait disposer de la moindre charrette, accourait chercher du pain h Paris.

Certains individus accaparèrent non-seulement les voitures, mais aussi les coches d'eau. De la revente du pain on passa ît la revente des farines livnjes par la ville. Pluaeurs boulangers exagérèrent les besoins de leur cuisson ; grâce à leur connivence, une quantité considérable de farine sortait de Paris par toutes les voies que la fraude pouvait inventer. La Commune avait bien enjoint à Sanlerre de mettre ordre à ce trafic, en plaçant de fortes gardes aux barrières; car le mur d'enceinte, élevé par les fermiers généraux pour assurer la perception de droits actuellement abolis subsistait toujours, mais il ne servait plus qu'à enfermer les habitants de la capitale dans une vaste prison dont toutes les issues étaient gardées par les sections armées. I^s hommes du poste s'occupaient bien plus ii vérifier les passeports de ceux qui entraient et sortaient, à saisir toute personne tant soit peu suspecte, qu'à empêcher les exportations clandestines.

Le régime exceptionnel qui régissait l'approvisionnement de Paris créait une autre difSculté, celle de savoir qui, de l'État ou de la ville, supporterait en dé- RnitiTe la dépense résultant de la perte journalière faite sur tes farines livrées aux boulangers. Sous le pouvoir absolu, le trésor royal, dans des circonstances analogues.

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avait, il est vrai, plus d'une fois comblé le déâcit ; mais cette pratique de l'aocieD temps devaitr-etle être imit^ par le gouveroement républicain ? Paris pouvait-il jouir d'un privilège aussi exorbitant? Paris, qui avait fiait la Révolution, pouvait-il se refuser à subir les conséquences du principe de l'égalité, dussent ses intérêts en être quelque peu froissés, et ses habitudes modifiées? La Commune évitait de laisser poser la question avec autant de netteté. Elle consentait bien à prendre la dépense à sa charge, mais elle déclarait qu'elle était dans le moment hors d'état d'y faire face. Elle votait des sous additionnels sur les contributions foncières et mobilières des exercices futurs, mais die demandait que le trésor public lui fit, en attendant, les avances nécessaires au payem^t immédiat des indemnités dues aux boulange'rs; elle se réservait m petto de ne jamais rembourser ces avances et de s'en faire donner quittance à la première émeute.

Cette tactique est signalée par Lanjuinais quand le Gomite des finances propose d'autoriser la ville de Paris à s'imposer extraordinairementà l'occasion de la cherté des subsistances. L'orateur ne s'oppose pas h l'atbption du décret en lui-même, mais il réclame contre ta faculté donnée h la ville, par l'article 6, de puiser jusqu'à concurrence de 1 million dans les caisses des percepteurs des deniers publics en attendant que les rôles supplémentaires aient pu être rois en recouvrement.

« Dès l'ouverture de votre session, je vous ai, dit-il, signalé l'abus qui donne lieu au projet de décret présenté par votre Comité Depuis lors, des semaines, dès mois se

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eoDt écoulés, et les choses sont restées dans le même état. On vous propose aujourd'hui de faire de uouvelles avances à la ville de Paris, on veut donc faire considérer comme une mesure permanente une méthode qui ne peut s'accorder avec un gouvernement libre, avec les principes de l'égalité, avec ceux de l'unité de la République, avec la sûreté de Faris'et même de la Convention. Cette méthode, je le sais, existe depuis longtemps, parce qu'il paraissait nécessaire au maintien du despotisme de fournir aux Parisiens le pain à plus bas prix qu'aux autres Français et de faire supporter au trésor public les frais de ce privilège. On vous dit que les sommes que l'on vous demande d'avancerseront un jour remboursées par la ville de Paris; mais on sait ce que c'est qu'une avance faite à une ville qui ne rend point de comptes et qui n'a pas remboursé celles qui lui ont été faites déjà par le trésor public. Paris, dans le moment oîi je vous parle, n'a payé que le quart de ses contributions de 1791; il n'a rien payé sur celles de 1792. Pendant ce temps on lui a donné 6 millions pour couvrir la faillite et les faux de ceux qui ont émis tant de billets de confiance *. On demande 5 millions pour pourvoir à ses approvisionnements par la voie du commerce. Mais ne savez-vous donc pas que, dans une ville où le blé se vend au-dessous de son vrai prix, il ne peut y avoir d'approvisionnement libre et naturel? Les vendeurs de blé fuient. les marchés d'une telle ville; les acheteurs des campagnes et des villes voisines y viennent chercher à bas prix celui que la

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