‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 52 sur 200 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

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l'autre que par des passes de 7 à 800 mètres de largeur. Au milieu de ces trois îles se trouve un vas^lc bassin abrité des vents et qui communique avec la pleine mer [tar les passes dont nous venons de parler. C'est une ]K)sition unique dans la .Méditerranée. Plus d'une fois Nelson la signala à ses compatriotes comme plus enviable peut-être que Malte ou Gibraltar.

Paoli avait désigné son propre neveu Cesari Colonna pour commander les volontaires corses'. Les ofiicîers sous ses ordres étaient : 1" Quenza, lieutenant-colonel du 2"* bataillon des volontaires; 2" Napoléon Bonaparte, qui cumulait les fonctions de lieutenant-colonel en second de ce mt'me bataillon avec celles de capitaine d'artillerie dans l'armée*; 3' Moydier, capitaine

italiens peul tous les jours, de sa retraile, contempler le théâtre àe^ premiers exploits de celui qui lut pendant quatorze ans l'arbitre du monde. L'histoire amène souvent de singuliers rapprochements.

*. Cesari Colonna avait étt^, en! "89, membre de l'Assemblée constituante ; il est appelé, dans les procès- verbaux d'élection, comie Colonna de Cesari-Rocca, capitaine au régiment provincial corse. il n'était pas député de la noblesse, mais bien du tiers état. Il était, à la Gn de t7'J!, colonel de la !)t* division de gendarmerie à Baslia.

t. Bonaparte était absent de son régiment depuis plus d'un an. Lei" octobre HUt, il avait obtenu un congé de trolâ mois et avait quitté Valence pour se renilre auprès de sa famille ; mais, a la fm de son congé, il n'avait pas rejoint wn corps et était resté dans son pays natal, où il avait accepté les fonctions de capitaine adjudant-major d'un babillon de volontaires cordes. On dit qu'à la revue de fin d'année (1194), n'ayant pas fait prévenir les chefs de son régiment des motifs qui légitimaient son absence, il fut rayé des cadres de l'armée, ou bien prés de l'être. Ce fitl Pozzo di Rorgo, alors procureur-syndic du département, vingt ans plus tard ambassadeur de Russie au congrès de Paris, qui adressa au ministre de la guerre une demande

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du génie. Le chef des forces cavales était un lieuteDant de vaisseau DOmmé Goyetche, qui moDtait la Fauvette, corvette de 22 caDons, et avait avec lui i6 petits bâtiments, les UDS de guerre, les autres de transport.

Cette escadrille sort du port d'Ajaccio, le 10 janvier, et n'arrive cependaDt à Bonifacio que douze jours après. Elle y reste un mois avant d'appareiller de nouveau, tant le chef de l'expédition, Gesari Colonna, est peu désireux, de quitter la Corse dans les circoo-

pour régDlariser la siluatioo de son jeune concitoyen ; ce fut Narbonne, depuis aide de camp do l'empereur Napoléon et Bon ambassadeur à Vienne, qui Gt droit à celte demande le 44 janvier 179S. Bonaparte put dès lors accepter la place d'adjudanl-major, puis bientôt après celle de lieuteoantr^olonel en second da même bataillon. Pendant ce temps (6 février 1793^, il recevait le brevet de capitaine d'artillerie, brevet signé de la main de Louis XTL Bonaparte cumulait ainsi deux emplois, l'un dans la garde nationale, l'autre dans l'armée. 11 eut un instant la velléité de se démettre de ce der^ nier, si l'on en croit une lettre qu'il écrivit le Ï7 février (79Î à son ami Sucy, commissaire des guerres k Valence ; cette lettre commence ainsi : « Dans ces circonstances difficiles, le poste d'honneur d'un bon Corse est de se trouver dans son pays. C'est dans cette idée que les miens ont exigé que je restasse parmi eux. Cependant, comme je ne sais pas transiger avec mon devoir, je me proposais de donner ma démission. Depuis, l'officier général du département m'a offert un mezzo termine qui a tout concilié : il m'a oifért une place d'adjudanl-major dans les bataillons volontaires. *

An mois de mai 1791, Bonaparte quitta la Corse, ne fit que traverser Valence où était toujours son régiment, et partit pour Paris. Il y assista comme simple spectateur aux journées du !0 juin et du lOaodt. Il y était encore dans les premiers Jours de septembre, puisque, le 1" de ce mois, il signait, Ji la municipalité de Versailles, les pièces nécessaires pour retirer sa sœur Élisa de le maison de Saint- Cyr et la ramener avec lui dans sa famille. Il vriva en Corse dans les premiers joura d'octobre 179!.

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stances graves où se trouveol sa patrie et surtout le chef de SOD parti et de sa Tamille. Oa met enfiQ à la voile le 20 février, c'est-à-dire au moment luiïme où Truguet, ayant rembarqué l'armée expédilionaaire dirigée sur Cagliari, s'éloignait de cette ville. La contre-attaque n'avait plus d'objet, mais il était diOicile de savoir le 20 février, k Bonifacio, ce qui venait de se passer le 19 k l'extrémité sud de la Sardaigne.

Le calme plat ayant succédé aux tempêtes des jours précédents, chaque bâtiment est remorqué par ses chaloupes. Le 22, on arrive & l'île Saint-Étienne ; on s'empare d'une vieille tour à peu près ruinée qui la défend. Bonaparte, Moydier, Quenza, descendent à terre. On transporte dans l'Ile l'unique mortier que possède la petite armée expéditionnaire et sept pièces de canon. Par les soins des deux capitaines d'artillerie et du génie, on les met, pendant la nuit, en position contre les forts et la petite ville de la Magdelaioe.

Depuis six mois là France était en guerre avec presque toute l'Europe, on s'était déjà battu en Champagne, en Belgique, sur le Rhin, sur les Alpes; et celui qui devait remplir l'univers du bruit de ses exploits n'avait pas encore tu le feu. Le 23 février au matin, Bonaparte, pointant lui-même le mortier, lance à l'ennemi la première bombe. Aussitôt les Sardes ripostent avec vigueur des forts de la Magdelaine et d'une redoute élevée à la hâte pour atteindre la petite anse où la Fauvette s'est embossée. Pendant deux jours le canal qui sépare les lies de la Magdelaine et de SaiDt-Étieane est à chaque instant sillonné par les projectiles que s'en-

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ut lllSTOIHE DE LA TERREDB.

voient les deux troupes eu préseace. La Fauvette est surtout le point de mire des canons sardes; elle a un homme tué, plusieurs blessés et reçoit de fortes avaries dans son gréeuient. Elle est oLligée de se réfui^iiT hors de la portée des boulets par le- travers de la petite île de Caprem. Les Sardes Tont aussitôt sortir du port deux demi-galères qui ne sont ps de force à se mesurer avec la corvette française, mais qui, celle-ci retirée, peuvent inquiéter les autres navires de l'escadrille.

Le 25 au matin, l'atlaque recommence de plus belle; déjà Bonaparte espère que la ville, abtinée par le feu incessant qu'il dirige contre elle, va être obligée de se rendre. Tout à coup Quenza, qui commande les troupes de débarquement pendant que Cesari' Colonna est à bord de la Fauvette, reçoit de celui-ci l'ordre de la retraite.

Quel pouvait être \le motif d'une aussi brusque détermination? Celait, disent les pièces officielles, la mutinerie de l'équipage de la corvette. Les marins avaient déclaré qu'ils voulaient que l'on renonçât tout de suite à l'expédition, et n'avaient consenti qu'à grand'peine à accorder au commandant Colonna quelques heures pour le rembarquement des troupes. Il y eut peut-être à bord quelques manifestations hostiles ; mais, il faut le reconnaître, le neveu de Paoli céda bien vite et bien facilement au désir de quelques mutins'.

1. Nousdonnonsàlaflndece votumnlcrecueilcomplel des pièces ofliciollea que Paoli envoi'a dans les premiers, jours de mars au ministre de la guerre pour justifier la conduite de son neveu; en les

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l/oitlre esl tellement précis que I'od ne peut songer à y désobéir. D'ailleurs, les chaloupes de l'escadrille sont là qui attendent les troupes, et les marins annoncent qu'ils ont ordre de ne croiser devant l'île Saint-Étienne que le temps strictement nécessaire au rembarquement.

Quenza, qui se tient près du mouillage, transmet à Bonaparte et à Moydier la lettre de Colonne. Les deux ofliciers la lisent et la relisent plusieurs fois avant d'en croire leurs yeux, courbent la 1^ et donnent à voix basse l'ordre de cesser le feu. Il faut cependant, avec l'honneur du drapeau, sauver le matériel. Les canonniers traînent leurs pièces jusqu'au rivage; mais, au moment où ils y arrivent après raille efTorts et mille périls, on s'aperçoit que les chaloupes sont trop faibles pour porter un poids aussi considérable, et que, du reste, elles sont déjà remplies de troupes. Bonaparte, la rage au cœur, fait enclouer, puis jeter à la mer le mortier et quatre canons. Tout le monde étant rembarqué, on met aussitôt le cap sur la Corse '.

lisant on sent bien qu'elles ont été arrachées aux signataires par l'obsession eL qu'on ne doit leur accorder qu'une foi très-mâdiocra.

4. De cette expédition de la Magdelaine, Bonaparte conserva toujours un pénible souvenir. Il était impossible de faire peser sur lui la moindre part de responsabilité dans les événements que nous avons racontée, mais celle expédition avait abouti i un revers, et le Tutar empereur des Français avait, avant lont, la saperstllion du succès. Aussi ne voulut-iT jamais dater ses premières armes du 13 février mais bien du SI s^tembre <793, jour ob, par un ordre formel du Comité de salut public, qu'il était allé chercher lui-même à Paris, il prit le commaDdemeol de l'artillerie du siège de Toulon. Jamais dans ses confidences les plus intimes il ne fil allusion à cet épisode de sa jeunesse. A Saintfr-Hélène, soit dans ses épancbements racontés avec

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Hi HISTOIRB Di; LA Tl-KKUl'U.

Le 27 février, l'escadrille que comiuaDdait Goyelche mouillait dans le golfe de Santa-Manza, en Corse. Les volontaires, sous la conduite de leurs deux chefs de bataillon, Quenza et Bonaparte, étaient dirigés sur Corte pour y tenir garnison.

Pour compléter notre récit en ce qui concerne Paoli et Bonaparte, nous sommes obligé d'anticipé* de quelques mois sur les événements dont la Corse fut le théâtre, dans la première moitié de l'année 1793.

C'était à Corte, au milieu des plus abruptes montagnes de l'Ile, comme dans un nid d'aigle, que se tenait Paoli , cumulant les fonctions do président du Directoire du département avec celles de général de

Unt de deuils par H. de Las Cases, soit dans les mémoires dictés au général Gourgaud et à H. de Montholon, il eut k plusieurs reprises l'occasion de parler de l'expédition contre Cagliari; januis il ne fit mention de la contre-attaque de la HagdelaiDo et du la part qu'il y avait prise, (Voir tome i " du Mémorial de Sainle-Uéléne, et lome i " des Hémoires dictés au général Gourgaud.)

D'un autre câté on sait l'affection toute spéciale que portait Bonaparte à toua ceux qui personni Baient pour lui ses souvenirs de jeûnasse, notamment à Duroc, Harmont et Junot. On connaît la chemin brillant qu'il fit parcourir à tous ceux qui, de près ou de loin, l'avaient approché, aux débuis de sa carrière militaire. Le capitaine da génie Moydier, son compagnon de bivac de l'Ile de Saint- Ëtienna, ne fat pas l'objet de la même bienveillance -, il languit longtemps dans les rangs subalternes et parvint à grand'petne, sur la fin de l'empire, au grade de général de brigade.

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divisioD commandant la Corse, réunissant ainsi dans ses mains les pouvoirs civils et militaires. Bonaparte, qui jusque-là avait été l'un de ses cooBdents les plus intimes, son élève et presque son fils, le retrouva de plus en plus aigri contre la Révolution, et tout disposé Il briser les liens qui, depuis un quart de siècle, unissaient la Corse à la France. D'un autre côté, chaque courrier apportait la preuve des défiances que la conduite équivoque du général inspirait à la Convention et au pouvoir exécutif. Pendant quelques semaines, Bonaparte hésita entre ses souvenirs et ses aspirations. Jusqu'à ce moment, il n'avait eu d'autre pensée que de succéder un jour à l'influence de Paoli et de rendre l'indépendance à sa patrie. A Brienoe, à Auxonne, à Valence, dans vingt circonstances, il s'était déclaré l'adversaire ardent, passionné, de tous ceux de ses compatriotes qui avaient contribué directement ou indirectement à placer la Corse sous le joug de ceux qu'il appelait les étrangers, gli forestteri '.

1. On peul consulter à cet égard la remarquable histoire de NapoléoD I" que publie dans ce moment M. LanTrey, et l'arlicle inséré en ISiS dans la Itevue des Deux Mondes, i* série, !9' volume. L'auteur de cet arlicle, M. Libri, a eu à sa <]ispoaition un grand nombredemanuscritsconCéspar BonaparleaucardinalFesch à l'époquedu Consulat.

Pour jugtiGer nos assertions, donnons quelques extroils des écrits échappés à la plume du futur empereur des Prançaia lorsqu'il était simple lieutenant d'artillerie :

i Général, je naquis quand ta patrie périssait I Trente m il le Français vomis sur nos câtes, noyant le trône de la liberté dans des flots de gang, tel fut le spectacle odieux qui vint le premier frapper mes regards, i (Lettre à Paoli, 1789.)

■ Quel spectacle verraifr-je dans mon paysfHeg compatriotes, char*

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Hfi HISTOIRE DE LA TEItRKUR.

Mais, depuis l'expédilioo de la Magdelaine, une iraDsrormation s'opérait leDtement en lui ; à ses ambitions premières succédaient des ambitions nouvelles. Il semblait qu'à travers cette pluie de feu que, pendant deux jours et deux nuits, il avait lancée et reçue, se

gés de chaînes, ecnbrassent en tremblant la main qui les opprime... Français, DOD contents de nous svoir ravi Lout ce que nous chérissions, vous avez encore corrompo nos mœurs. Le tableau actuel de ma patrie et l'impuissance de le changer sont une nouvelle raison de Tuir une terre oii je suis obligé, par devoir, de louer des hommes que je dois hair par vertu.» [Note autographe sur le suicide, trouvée par H. Libri dans tes papiers confiés au cardinal Fesch.)

I Paoli vous fît nommer pour traiter à Versailles de l'accommodement qui s'enlamait sous la médiation de ce cabinet. H. deChoiâcul vous vit et vous connut. Les Ames d'une certaine trempe sont d'abord ' appréciées. Bientôt au lieu du représentant d'un peuple liljre, vous vous transformâtes en commis d'un satrape... Une partie des patriotes étaient morts en défeudaut leur indépendance, l'autre avait Tnl une terre proscrite, désormais hideux nid des tyrans; mais un grand nombre n'avaient pu ni mourir, ni Tuir; ils furent l'objet des persécutions: on ne pouvait asseoir l'empire français que sur leur anéantifsement absolu...

a 0 Umethl à Robespierre! à PétionT ô Tolneyl 6 Uirabeaul ôBarnavel ôBaillyl ô Lafayeltel Voilà l'homme qui ose s'asseoir à côté de vous I Tout dégouttant du sang de ses frères, souillé par des crimes de toutes espèces, il se présente avec conliance sous um* ^'este de général, unique récompense de ses forfaits! Il ose se dire le représentant de la nation, lui qui la vendit! » (Lettre de Bonaparte à M. Halteo di Butta-Fuoco, maréchal des camps et armées du roi, député de la noblesse corse à l'Assemblée nationale constituante, 83 janvier 1791.)

Enfin reportons-nous i la lettre, en date du 96 février 4791, que nous avons citée plus haut; à elle seule, elle prouverait que jusqu'à l'expédition de la Magdelaine Bonaparte conserva tous les sentiments d'un bon Corse.

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fussent ouverts devant lui de nouveaux horizons. Il commençait' h dédaigner de se Taire l'arbitre des des- ^nées d'une petite tie de la Méditerranée; son imagination s'élançait déjà dans les champs iocommensurablps de l'avenir.

Un dernier incident vient mettre un terme à ses liésitatioDS. Dans les derniers jours d'avril, on reçoit à Corte l'amplialion du décret en date du 2 du même mois, par lequel la Convention nationale mande à sa barre Paoli. Cet ordre tombe comme un coup de foudre au milieu de la petite cour dont le général est entouré. Bonaparte, fidèle encore aux amitiés de sa jeunesse, prend la plume pour dérendre le héros corse contre les attaques de ses ennemis et pour inviter la ConveQtion à revenir sur une mesure qui tend à « confondre* avec le scélérat corrupteur ou un vil ambitieux, un vieillard septuagénaire accablé d'îoGrmités. »

Son plaidoyer achevé, il le communique à son illustre client. Mais celui-ci, voyant qu'il est temps de prendre un parti et croyant pouvoir compter sur son jeune et enthousiaste interlocuteur, lui déroule ses desseins et lui déclare qu'il est résolu à braver les ordres de la Convention, dûl~il se jeter entre les bras de l'Angleterre. A cette confidence, Bonaparte éclate en reproches, en imprécations. -Les deux anciens amis se séparent mortellement brouillés. Bonaparte, qui sait ce que c'est qu'une haine corse et qu'une vengeance de conspirateur qui s'est laissé surprendre son secret, sort du palais du généralissime, s'élance à cheval et, à travers tes montagnes, gagne par des sentiers détournés les

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MS • HISTOIRE DE LK TERRbtJK.

Saoguinares, terres incultes et maquis impénétrables, situées h trois Heues d'Ajaccio. Il s'y tient caché tout un mois, jusqu'à ce qu'il ait pu avertir sa famille et se concerter avec les commissaires de la Convention, qui viennent de débarquer à Saint-Florent.

Quelque temps après (2 Juin 1793] l'assemblée générale extraordinaire du peuple corse, convoquée par Paoli, déclarait Bonaparte, ses parents et adhérents, perturbateurs du repos public. Le futur empereur quittait rile natale pour n'y plus apparaître qu'un instant à son retour d'Egypte. Sa retraite aux' Sanguinares fut pour lui le commencement d'une nouvelle ère, comme l'avait été pour Mahomet sa fuite delà Mecque; elle fut l'hégire de l'homme extraordinaire qui, lui aussi, devait bouleverser le monde.

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