LIVRE XXVIII
pour foire à la face de l'Europe une nouvelle décla de prÏDcipes.
Le décret du 2 mars, quoique spéciatemeot adressé au peuple batave, est en réalité destiné à faire connaître à toutes les oations ce qu'elles doivent attendre de la République. La CMivention y déclare : i° que, toujours Hdèle au principe Me la eouveraineté du peuple, elle ne reconnait aucune des constitutions qui y portent atteinte ; 2° qu'à défaut de pouvoirs émanés du peuple, toute révolution a besoin d'une puissance provisoire qui remplace les autorités usurpées, ordonne le mouvement régénérateur et prévienne l'anarchie et le désordre; «V que la nation française, qui la première en Europe a osé proclamer les droits de l'hemme. peut seule se charger eflicacemenl de l'exercice momentané de ce pouvoir révolutionnaire dans le pays où la poursuite des ennemis de la liberté et de l'égalité a conduit ses armées ; k' que ce pouvoir ne peut être confié, jusqu'à ce que le peuple ait manifesté sa volonté, qu'aux chefs de l'armée française. En conséquence, elle charge les généraux, au moment d'entrer, en Hollande, d'annoncer à tous les habitants que la République leur apporte paix, secours, fraternité, liberté et égalité ; qu'ils sont dégagés de tous serments vis-àvis du slathouder; que ceux qui se prétendraient liés par leurs serments seront réputés par cela même adhérents du despotisme, œnséquemmen t ennemis du peuple français et traités comme tels avec toute la rigueur des lois de la guerre. Elle ordonne encore aux autorités civiles et militaires : 1° de mettre sous la sauvegarde et
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I5t HISTOIRB DE LA TERREUR.
protection de la République française, c'œt-à-dire gous )e séquestre, tous les meubles et immeubles appartenant au fisc, au stathouder, à ses fauteurs, adhérents et satellites volontaires, aux établissements publics, aux corps et communautés laïques et ecclésiastiques ; 2* de faire arrêter tous les émigrés français retirés sur le territoire batave et de faire trausjkirter dans les pays liœitropbes de la Hollande toutes les perBounes qui auraient été déportées du territoire français.
Le décret se termine ainsi : « La nation française déclare qu'elle traitera comme ennemis les peuples qui. refusant la liberté et l'égalité ou y renonçant, voudraient conserver , rappeler ou traiter avec les tyrans qui les ont gouvernés ou avec leurs complices et les castes privilégiées. Elle renouvelle aussi la promesse solennelle qu'elle a faite de ne plus poser les armes qu'après raffermissement de la souveraineté et de l'indépendance du peuple, sur le territoire duquel les troupes de la République française seront entrées et qui aura adopté les principes de l'égalité et établi un gouver- - nement libre et populaire. »
Cambon avait reconnu la faute qu'il avaitcommise par le décret du 15 décembre en abolissant tous les impôts dans les pays nouvellement conquis et en se privant ainsi de ressources considérables qui n'étaient pas à dédaigner dans l'état de pénurie où se trouvait le Trésor. Aussi le décret du 2 mars déclare-t-il que tous les impôts existant en Hollande subsisteront jusqu'à nouvel ordre à l'exception de ceux qui pèsent sur le pain et sur la bière.
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