LIVRE XXIX
LA COnj:!RATION DU 9 MARS.
C'est daDs la séance du cinq mars que parviennent à la Convention les premières nouvelles de l'évacuation d'Aix-la-Chapelle et de (a levi-e du siège de Maëstricht. Les Montagnards tentent do profiter de l'inquiétude générale pour arracher à l'Assemblée des mesures qu'ils ne sauraient obtenir dans des moments de calme et de paisible discussion. Ils réclament à grands cris la leclure immédiate des lettres, que des députés plus prudents veulent renvoyer au Comité do défense générale. « Il ne faut rien cacher au peuple, s'écrie Billaiid-Varennes; c'est à la nouvelle de la prise de Verdun qu'il s'est levé et qu'il a sauvé la patrie ! »
Aussitôt les dépêches tues, Ghoudieu dénonce la présence dans !a capitale d'un grand nombre de volontaires qui, étant à la solde de leurs départemenis, ne sont pas par conséquent à la dis[)Osition du ministre de la guerre; il fait la motion formelle que, puisque Paris est tranquille, ces fédérés soient immédialeruent envoyés aux frontières.
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>i Comment Choudieu, répond Lanjuinais, peut-il prétendre que Paris est tranquille? N'était-il pas avanthier dimanche au Comité de la guerre, lorsque le minisire est venu nous déclarer qu'il se fomentait des troubles? Le fait n'a-t-il pas été attesté par Santerre luimême? Oui, je le déclare, il existe à Paris un comité d'insurrectioD ; ce comité se tient dans le local occupé d'ordinaire par l'assemblée électorale de Paris. Du sein de ce comité partent journellement des invitations aux fédérés de venir s'y réiyiir. Est-ce en présence de pareils dangers, est-ce dans de pareils moments qu'il faut faire partir les volontaires que nous ont envoyés
Choudieu insiste : « Santerre, dit-il. vous a annoncé que le calme était complètement rétabli dans Paris. Vous devez le .croire. Faut-il donc s'arrêter à ce que nous a dit le ministre de la guerre, quand il est venu nous parler dimanche, au Comité, de craintes de troubles? C'était un coup monté. II y avait \h tous ceux qui, comme Buzot, prétendent qu'il faut une force armée pour nous protéger et pour nous permettre de faire de bonnes lois. Quant à mes amis et à moi, nous croyons qu'il n'y a de bonnes lois que œlles qui sont soutenues par le peuple ; nous ne voulons pas d'une garde nationale comme la voulait Ijifayette. C'est pourquoi je viens vous demander de faire disparaître une monstruosité dans la composition de la force armée. Est-il tolérable qu'une partie de cette force soit à la solde des départements et que le ministre lui-même en ignore la destination ? »
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