LIVRE XXIX. SS
déportation. Les accusés en fuite, qui ne se représenleraicDt pas daos les trois mois de leur jugement, devaieot être traités comme émigrés et sujets aux mêmes peioes, soit par rapport à leurs personoes, soit par rapport à leurs biens.
Les biens des coodamnés à mort étaient acquis à la République. Seutement la loi, dans sa clémence, déclarait qu'il serait pourvu à la subsistance des veuves et des eoiiants s'ils n'avaient par eux-mêmes aucun bien.
Les jugements devaient être exécutés sans recours au tribunal de cassation.
La seule garantie un peu efficace qui avait pu être introduite dans cette loi draconienne, c'était la création d'une commission de six membres pris dans le sein de ta Convention, et chai^;és de recevoir, d'examiné les proc^verbaux de dénonciation, d'en faire le rapport, de rédiger les actes d'accusation, de surveiller l'instruction des aOaires renvoyées au tribunal extraordinaire, d'entretenir une correspondance suivie avec les juges et l'accusateur public, et d'en rendre compte à l'Assemblée.
Nous verrons bientôt ce qu'il advint de la commission des Six.
E>ans cette même séance du 11 mars, la Conventioa
reçoit la démission du ministre de la gneire, fieumoïk-
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ville. Il avait hâte de s'affrandiir des ennuis de tout genre, dee calomnies de toute espèce dont les Jacobins l'abreuvaient ; il préférait aller combattis au milieu de ses anciens compagnons d'armes, plutôt que de rester à Paris pour réprimer des émeutes sans cesse renaissantes.
La lettre de Beurocoville rouvre naturellemeoi la discussion si souvent reprise et si souvent interrompue sur l'organisation du pouvoir exécutif; elle reste assez confuse jusqu'au moment où Danton paraît à la tribune. Dès ses premières paroles, ou s'aperçoit qu'il est sous le coup de graves préoccupations; on pressent qu'il a une motion importante à présenter.
i[ Je déclare, dit-il, que, dans mon opinion, la nature des choses et les circonstances exigent que la Convention se réserve de prendre partout, et même dans son sein, des ministres ; mais je déclare en même temps et je le jure par la patrie, que, moi, je n'accepterai jamais une place dans le ministère tant que j'aurai l'honneur d'être membre de la Convention nationale. »
Un très-grand nombre de voix : « Ni aucun de nous !
— Je le déclare, dis-je, sans làu^e modestie, car je l'avoue, je croîs valoir un autre citoyen français. Je le déclare avec le désir ardent que mon opinion ne devienne pas celle de tous mes collègues ; car je liens pour incontestable que vous ferez une chose funeste à la chose publique si vous ne vous réservez pas celte faculté.
Il Après un tel aveu, je vous somme, citoyens, de
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