‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 202 sur 279 · LIVRE XX HI · texte numérisé non relu

LIVRE XX HI

nant vers les administrateurs départementaux qui sont restés à la barre, il les apostrophe en ces termes : « Et vous, directoire de Paris, qui vous vantez de votre respect de la loi au moment même où vous prêchez T insurrection au sein de la Convention, n'avez-vous donc pas autre chose à dénoncer que les départements qui ne partagent pas le vertige inconcevable d'une partie de vos concitoyens? Que ne venez-vous nous présenter les arrêtés liberticides émanés de certaines sections de Paris? mais que dis-je? ne vois-je pas parmi vous un Momoro, qui présidait la section qui s'est déclarée en insurrection? L'Assemblée nationale serait coupable si elle osait renvoyer au Comité de sûreté générale, c'est-àdire au Comité chargé de la recherche des conspirations, les adresses de nos propres commettants.

« Je demande que, reconnaissants du zèle de concitoyens qui nous jugeront un jour, et qui aujourd'hui sacrifient leur fortune et leur vie pour venir nous défendre, je demande, dis-je, que vous décrétiez la mention honorable, dans votre procès- verbal , des arrêtés et des actes sur lesquels Couthon vous proposait d'émettre un vote de censure. »

L'effet du discours de Buzot avait été très -grand; aussi Rabaut Saint-Étienne propose-t-il de discuter surle-champ l'organisation de la force armée. Cette proposition est appuyée par un grand nombre de membres ; mais la Gironde croit plus prudent d'attendre la manifestation que Barbaroux et ses amis se préparent à faire faire par les fédérés eux-mêmes.

Deux jours après , le dimanche \ 3 janvier, paraît à la barre la députation officielle des volontaires des départements, « réunis à Paris pour le maintien de ia liberté et de l'égalité contre toute espèce de tyrannie. »

« Nous venons vous demander, dit son orateur , à partager avec les citoyens de Paris la garde des représentants du peuple français. C'est ici, c'est en nous pressant auprès des pères de la patrie que nous attendons nos frères des autres départements. Nous voulons ne sortir de cette enceinte que lorsque les anarchistes seront soumis et vaincus. Les hommes du 2 septembre peuvent se présenter; ils trouveront en face d'eux les hommes du 10 août ; c'est un cartel que la vertu donne au crime.

« Eh quoi ! faudra-t-il souffrir longtemps encore que cinquante ou soixante factieux se constituent en tyrannie permanente dans quelques-unes des sections de la quatre-vingt-quatrième partie de la République, et que, rivalisant entre eux d'extravagance, ils viennent vous prescrire ce qu'ils appellent la volonté du souverain ? que des tribunes forcenées injurient nos représentants , leur prodiguent les insultes et les menaces de mort? qu'autour de cette enceinte les suppôts de l'anarchie, les apôtres de l'assassinat vous couvrent d'injures à votre passage et vous crient que cinq cents de vos têtes rouleront bientôt à leurs pieds? France! France! n'auras-tu nommé des représentants que pour les envoyer à la boucherie?...

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