LIVRE XXIII
« Notre devoir est de sauver vous et la patrie; nous jurons de maintenir la souveraineté du peuple, l'unité et l'indivisibilité de la République, et d'immoler tout traître, tout conspirateur qui oserait y porter atteinte *.»
Le président Vergniaud déclare que la Convention applaudit au zèle des 'pétitionnaires, Kersaint convertit leur demande en motion.
« Aucun bon citoyen, dit-il, ne peut s'opposer à ce que réclament nos frères des départements. Je suis sûr que le décret que je vais lire sera adopté à Y unanimité :
« Les fédérés qui sont à Paris feront le service près « de la Convention conjointement avec la garde natiou nale de cette ville; le Comité de défense générale préce sentera demain un projet de décret sur l'organisation « des fédérés, aux fins du service auquel ils sont « admis 2. »
Vergniaud met aux voix le décret. L'extrême gauche ne vote ni pour ni contre. Tout le reste de la Convention l'adopte avec enthousiasme.
Le soir, au club Saint-Honoré, on est dans la consternation. « Nous avions bien prédit, s'écrie un orateur, que les rassemblements secrets des fédérés n'avaient d'autre but que d'organiser la garde départementale... La Convention a décrété aujourd'hui la force armée contre laquelle la Montagne s'était toujours élevée avec tant de chaleur et de raison... »
« Les fédérés qui se sont présentés aujourd'hui à la