LIVRE VI
Le décret qui avait déclaré la patrie en danger avait en même temps ordonné à toutes les autorités constituées de siéger en permanence. Les sections parisiennes, pas plus que les autres assemblées primaires de France, n'étaient des autorités constituées; elles ne pouvaient donc pas être comprises dans le décret du 7 juillet.
C'est pourquoi la section des Lombards demanda, dès le 19, que la mesure de la permanence fût étendue à toutes les assemblées primaires ; en obtenant le plus, on eût gagné le moins.
L'Assemblée nationale n'ayant pas daigné répondre, un nouveau pétitionnaire, se disant porteur du vœu de dix mille citoyens, se présenta le 25 juillet , et réclama franchement la permanence des sections parisiennes. Cette demande fut à l'instant même convertie en motion par Thuriot, et décrétée sans la moindre discussion. L'Assemblée *, il est vrai, s'étant aperçue de la gravité de l'acte qu'on lui avait surpris, refusa, trois jours après, d'étendre la mesure à toutes les villes de quarante mille âmes et au-dessus ^ ; mais elle ne revint pas sur sa décision qui , consignée le 31 sur les registres du déparlement, et le 3 août sur ceux de la municipalité, fut mise à exécution par un simple avis inséré au Moniteur du 6 août :
4. La mention de cette décision qui devait avoir une influence si grande et si funeste sur le sort de la France occupe six lignes dans le Journal des Débats et Décrets, séance du Î5 juillet, n* 303, p. 362. Elle n'en occupe que deux dans le Moniteur^ p. 881.