‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 114 sur 267 · LIVRE VII. ÎI · texte numérisé non relu

LIVRE VII. ÎI

Quoique réduit à une impuissance presque radicale, le département , à la réception de cet arrêté , se hâta de l'approuver et de l'envoyer au maire et au commandant général , en leur recommandant de prendre des mesures pour empêcher qu'on ne sonnât le tocsin ^

Le commandement général de la garde nationale, par suite du roulement établi entre les six chefs de légion, était depuis quelques jours entre les mains du chef de la li^, Jean-Antoine Galiot de Mandat, ancien capitaine aux gardes françaises. Cet officier était très-fermement attaché aux idées constitutionnelles; brave militaire, âdèle à

4. Voir dans la Revue rétrospective, tome I, t* série, page 335 et suivantes : 1" le courageux arrôlé, que le juge de paix Fayel fil adopter à la section du Roi-de-Sicilo, le 8 août; 2* celui plus timide, il est vrai, que prit le jeudi 9, à onze heures du matin, la section du Jardin-des-Piantes ; 3' l'arrêté rendu par le département sur le vu de ces deux arrêtés. De ces pièces déjà connues nous rapprochons la lettre suivante de Aœderer à Pétion :

€ Paris» 9 août 1792.

« Monsieur le maire de Paris,

a Le conseil du département. Monsieur, vous a attendu hier fort tard. Il pensait, d'après votre réponse à ma première lettre d'hier, qu'il était d'aulant plus urgent de conférer avec nous, que vous annonciez moins de sécurité sur le maintien de l'ordre. Il pouvait y avoir lieu a concerter au moins quelque démarche avec l'Assemblée nationale. Le conseil vous prie de venir à sa séance aujourd'hui.

a Comme on annonce un tocsin pour cette nuit, le conseil vient de prendre un 'arrêté qui le défend. Il est nécessaire que vous vouliez bien aussi faire savoir sans retard au conseil les mesures particulières que vous aurez prises pour prévenir le signal du désordre. Une affiche où la municipalité rappellerait la loi et représenterait aux citoyens la nécessité de préxcnir les troubles ne |)Ourrdit être que fort utile. « Le procureur-général-syndic,

« RoeOERER. h

soD serment, il était résolu à défendre jusqu'à la mort rinvioiabilité du domicile et de la personne du chef de rÉtat^. Par malheur, on le sait, il ne lui appartenait point de requérir la force publique ; il ne pouvait pas même établir de postes extraordinaires sans l'ordre de son supérieur immédiat, le maire de Paris.

Averti, dès le matin du 9 août, par le chef de bataillon de TArsenal, que les administrateurs de police ont fait distribuer des munitions de guerre aux Marseillais et que Ton prêche ouvertement Tinsorrection dans plusieurs sections ^, Mandat n'attend pas les avis de Pétion, il lui expédie coup sur coup plusieurs billets pour obtenir les ordres nécessaires^. Pressé de répondre, non-seulement

1. On lit ce qui suit dans les Mémoires de M"* Campan, t. II, p. !233:

« Le Roi me dit, quelques jours avant le 10 août : « Voire père « était intime ami de Mandat, qui commande en ce moment la garde « nationale; faites-le-moi connaître, que dois-je attendre de lui? a» Je lui répondis que c'était un de ses sujets les plus fidèles, mais qu'avec beaucoup de loyauté et fort peu d'esprit, il était dans l'engouement de la Constitution. « J'entends, dit le Roi, c'est un homme qui défen- « drait mon palais et ma personne, parce que cela est imprime dans « la Constitution et qu'il a juré de la maintenir, mais qui se battrait « contre le parti qui veut l'autorité souveraine ; c'était bon à savoir « d'une manière positive. »

2. Voir dans la Revue rétrospective, t. F*^"" de la 2* série, page 346 etsuivantes, trois rapports du chef de bataillon de l'Arsenal.

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