‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 4 sur 267 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

ex-constituants qui ont eu le courage d'organiser, dans Paris et les départements, un pétitionnement général destiné à rallier tous les bons citoyens sous les drapeaux de la loi.

Cette pétition fameuse contient une énumération de toutes les fautes de la municipalité parisienne et du commandant général de la garde nationale durant la journée du 20 juin ; elle se termine ainsi ;

« Songez, messieurs, en combien de manières la loi et la Constitution ont été violées. Songez au spectacle que Paris, q«e le lieu de votre résidence et de celle du roi ont donné dans cette fatale journée aux quatre-vingttrois départements et à l'Europe, et voyez à quoi vous

époque présentent une telle confusion que les tables du Moniteur^ établies cependant avec soin, font de Guyot deux personnages distincts, l'un constituant, l'autre conventionnel, n'ayant aucun rapport entre eux ; voici la lettre que Guyot écrivit au Moniteur, le rô juillet 1792 :

o Monsieur le rédacteur,

« Un certain M. Guillaume, qui n'est ni Guillaume le Conquérant, ni Guillaume, le marchand de draps de l'avocat Patelin, mais Guillaume le marchand de pétitions, m'a envoyé la sienne pour la faire souscrire par les habitants de Semur, qui sont mes concitoyens... Je De suis plus son collègue à l'Assemblée constituante, je ne veux pas davantag'b être du nombre de ses correspondants, car le rôle le plus vil à mes yeux est celui d'un intrigant subalterne. »

Guillaume eut plus tard encore le courage de se présenter pour être un des défenseurs de Louis XVI devant la Convention ; il fut incarcéré pendant la Terreur; mais, oublié dans le fond d'une prison, il survécut à la tourmente révolutionnaire. Florent-Guyot fut successivement ministre de la république auprès des Grisons et en Hollande; sous l'empire, il fut secrétaire du conseil des prises.

obligent la qualité de représentants de ]a nation et le devoir de législateurs, à la fidélité desquels le dépôt de la Constitution a été confié*. »

Gomme on savait depuis plusieurs jours dans Paris le jour et l'heure auxquels la pétition des vingt mille serait présentée, les Jacobins avaient pu préparer, pour lui servir de contre-partie et faire parvenir à la barre en même temps qu'elle , d'autres pétitions demandant le licenciement de Tétat-major de la garde nationale parisienne 2.

La Fayette comptait, dans ce corps d'ofiiciers, de nombreux amis et adhérents qui avaient soutenu de toute leur influence la propagande constitutionnelle de Guillaume et de Dupont (de Nemours). Aussi, à peine l'Assemblée a-t-elle entendu la lecture des pétitions jacobines , que Thuriot s'élance à la tribune et déclare qu'il est en mesure de dévoiler le vaste complot dont l'étatmajor est l'agent le plus actif.

Lacroix, Mailhe, Aréna (de la Corse) demandent que

1. Celte pétition était revêtue de signatures qui couvraient deux cent quarante-sept pages; leur nombre ne s'élevait pas à vingt mille; néanmoins la pièce resta désignée sous ce chiffre, de même que la pétition contre le camp sous Paris avait pris le nom de pétition des huit raille. Nous verrons bientôt arriver l'époque où il suffira d'avoir signé Tune de ces pièces pour être déchu de ses droits de citoyen ût même pour être inscrit sur les listes de proscription. Le Moniteur^ 4792, p. 768, le Journal des Débats et Décrets^ p. 279, donnent dés versions presque identiques de la pétition des vingt mille; nous en avons eu le texte original entre les mains.

2. Pétitions des sections de la Croix -Rouge, de la Fontaine de Grenelle, de Bonne-Nouvelle, des Tuileries et des Lombards. Voir le Moniteur, p. 770 et 774, le Journal des Débats et des Décrets^ p. 279 et 281.

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