‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 82 sur 267 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

armées combinées à tous ceux qui ^e soumettraient, au roi; 4' traiter en ennemis et punir comme rebelles à leur roi, comme perturbateurs du repos public, ceux des gardes nationaux qui auraient combattu contre les troupes des deux cours alliées et qui seraient pris les armes à la main; 5° exiger la soumission immédiate des généraux, officiers, sous-officiers et soldats ; 6" rendre responsables, sur leurs tètes et leurs biens, les membres des départements, districts et municipalités, de tous les délits qu'ils laisseraient commettre ou ne se seraient pas notoirement efforcés d'empêcher; 7* punir dans leurs personnes, selon les lois de la guerre, jusqu'à la destruction par le fer et le feu de leurs maisons, les habitants des villes, bourgs et villages (fui oseraient se défendre; 8* commander à la ville de Paris de se soumettre s*ir-lecbamp et sans délai au roi.., ; rendre personnellement responsables de tous les événements, sur leurs têtes, pour être jugés militairement sans espoir de pardon, tous les membres de l'Assemblée nationale, du département, du district, de la municipalité et de la garde nationale de Paris, et tous autres qu'il appartiendrait; jurant, en outre, sur leur foi et parole d'empereur et de roi, que si le château des Tuileries était forcé ou insulté, que s'il était fait la moindre violence, le moindre aulrage à LL. MM. le roi, la reine et la famille royale, s'il n'était pas pourvu immédiatement à leur sûreté, elles en tireraient ufie vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale^. »

4. Voir le texle même de celle imporUi.le déc!a:ation da:)s Vllis- II M

Le duc de Brunswick refusa, dit-on, pendant plusieurs jours, de mettre son nom au bas de cet insigne monument de folie*.

Les rédacteurs du manifeste avaient, peut-être sans le savoir, fourni un terrible argument aux implacables accusateurs qui devaient envoyer Louis XVI, et plus tard Marie-Antoinette, àTéchafaud. On a été, il est vrai, jusqu'à soutenir que plusieurs de ceux qui conduisaient les affaires de l'émigration se préoccupaient plus de la régence du comte de Provence que de la vie de l'infortuné monarque, et donnaient à entendre que le principe monarchique se relèverait plus fort dans le cœur des Français s'il était régénéré par un baptême de sang. La reine n'avait-elle pas elle-même à Coblentz de puissants ennemis : ces courtisans ambitieux et coupables qui l'avaient naguère poursuivie de leurs calomnies et qui

loire parlementaire, t. XVI^ p. 276, et dans le deuxième volume de r Histoire de la Révolution, par M. Thiers.

4 . L*un des plus fermes défendeurs de la monarchie constitutionnelle, l'un des plus courageux orateurs de la droite de l'Assemblée législative, Matthieu Dumas, a nomme le manifeste du duc de Brunswick « l'acte le plus împjlitique que l'orgueil et Tignorance aient jamais dicté, véritable fralricide des princes français émigrés envers Louis XVl et sa famille. » Car, ajou:e-t-il, a dans l'état de fermentation où é:ait toute la France, et surtout la capitjje, après la déclaration de guerre, faire un appel à la minorité ennemie de la révolution, la considérer comme la partie saine de la nation, se présenter comme auxiliaires dans la guerre civile, c'était évidemment compromettre le roi, l'accuser de co:npli.:iié, jusli Jer les calomuies que le jwrti constitutionnel avait cjnslamment démenties; enfin c'était faire surgir et appeler à la dcf 'nso de la |v«tri.? tjut ce qui portait un cœur français. » {Souvenirs, 1. 11, p. 42G-427).

Page 1