INTRODUCTION
Le problème de l'Eglise auquel, pendant tout le moyen âge, les théologiens n'avaient accordé qu'une attention distraite, passa tout à coup au premier plan sous le règne de Léon X, et acquit une importance qui devait constamment grandir. Depuis ie neuvième siècle, la papauté avait, il est vrai, des adversaires ; mais ils étaient si loin que les échos de leur voix arrivaient à peine aux oreilles des docteurs et ne pouvaient, en tout cas, troubler sérieusement le repos de la chrétienté. Au seizième siècle, au contraire, les contempteurs du saint-siège n'étaient plus relégués sur les confins de l'Europe, ils se trouvaient au cœur de l'Eglise. Ils étaient disséminés en Allemagne, en Angleterre, en France. Ils travaillaient à détacher de Rome des provinces, des royaumes entiers, et leurs progrès étaient si foudroyants que l'on se demandait avec effroi jusqu'où ils iraient. Que faire alors, et comment arrêter la marche envahissante de l'ennemi ? Evidemment il fallait avant tout affirmer dans l'esprit des fidèles le dogme de la suprématie du souverain pontife. On comprend donc pourquoi, à partir de Luther, la question de la papauté occupa dans la théologie une place qu'elle n'avait jamais eue jusque-là.
Mais ce n'est pas tout. Les protestants ne se bornaient pas seulement à rejeter l'origine divine de la papauté. Aucune autorité doctrinale n'échappait à leurs coups. L'enseignement que les évêques distribuaient ou faisaient dis-