‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 11 sur 371 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

tribuer était pour eux non avenu ; ils ne laissaient entre Dieu et le chrétien d'autre intermédiaire que la Bible. Dans ces conditions on ne })ouvait se contenter de mettre en lumière le dogme de la primauté des papes. On devait de plus aborder le problème de la règle de foi, étudier quel a été le moyen institué par le Christ pour assurer la transmission de sa doctrine, et défendre le magistère de l'Église.

Enfin, c'est le moment de se rappeler que, dans le sein de l'Église elle-même, l'accord n'existait pas au sujet de la nature et dos attributions de la papauté. Le souverain Pontife, qui est, de par le droit divin, le premier de tous les évèques, concentre-t-il entre ses mains la plénitude de l'autorité tant doctrinale que législative ; ou bien au contraire ne possède-t-il qu'une portion de cette autorité? Est-ce de lui que les évèques reçoivent leur juridiction, ou bien doit-on dire qu'ils la reçoivent de Dieu? Peut-il parler en maître aux conciles même universels? Est-il tenu au contraire de subir leur loi? Ces questions ({ui, depuis le concile de Constance, soulèvent des conflits, ne vont pas disparaître. Elles provoqueront des controverses passionnées et retentissantes jusqu'au jour où l'épiscopat lui même leur donnera une solution définitive.

En somme, à la veille du concile de Trente, le traité de l'Église qui, jusqu'alors, ne comportait guère que deux questions, à savoir F origine divine de la papauté et la nature de ses attributions, vit son domaine s'étendre dans un ordre d'idées presque entièrement nouveau et eut à disserter sur la règle de foi. De plus, les problèmes de l'origine et des attributions de la papauté empruntèrent aux circonstances une gravité qu'ils n'avaient encore jamais eue. Ce cpio furent les recherches auxquelles on se livra pour assurer Fautorité doctrinale de l'Église et la suprématie absolue du pape, c'est ce que nous avons à voir.

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