XIV PREFACE
dis-je, qui ont eu le souci de la recherche personnelle, qui ont fouillé Fhistoire, interrogé les textes, et à qui une enquête consciencieuse a fourni des témoignages nouveaux. A la veille du concile du Vatican, la théologie positive de l'Eglise portait sans doute l'empreinte de Bellarmin ; mais on ne peut pas dire qu'elle était restée enfermée dans le cercle tracé par les Controverses.
Ce qui était vrai en 1869 ne l'est plus aujourd'hui. Les vastes recherches auxquelles, depuis vingt-cinq ans, historiens, théologiens et exégètes se livrent avec une ardeur toujours croissante, ont fait sentir leur influence sur le traité de l'Eglise comme sur les autres provinces de la théologie. Certains résultats, qui semblaient définitivement acquis, ont été remis en question, certaines hypothèses ont été émises et favorablement accueillies, dont les anciens controversistes n'avaient pas même l'idée : la théologie positive de l'Eglise met à discuter Bellarmin une hardiesse qu'elle n'avait pas jadis. Il faut attendre que la poussière du combat soit tombée pour décrire les divers incidents de la bataille. Il eût été prématuré de s'immiscer dans des controverses dont personne ne voit encore l'issue. On ne donnera donc ici aucun renseignement sur certains débats de date récente et qui entrent, pour ainsi dire chaque jour, dans une phase nouvelle. On ne peut qu'inviter le lecteur à les suivre, dans les revues où ils se déroulent, avec tout l'intérêt qu'ils méritent.