Le vrai système de VÉglise, p. 55 et suiv
4. De Vunité de V Église ou Réfutation du nouveau système de M. Jurieu, Bruxelles, 1734.
question de l'Église \ Son but est de prouver que, sous la plume des Pères, le mot Église sans addition désigne une société à laquelle les hérétiques et les scliismatiques ne sont pas admis à prendre part. C'est le sens que lui donne saint Irénée ^ dans le texte suivant : « Ces choses étant donc d'une si grande évidence, il ne faut pas chercher dans les autres, c'est-à-dire parmi les hérétiques, la vérité qu'il est facile dapprendre par VÉglise, puisque les apôtres ont versé pleinement toute vérité dans elle comme dans un riche réservoir... C'est elle qui est la porte de la vie. Tous les autres sont des voleurs et des larrons. » C'est le sens qu'il a dans cet autre passage du même docteur ; « L'Eglise répandue par tout le monde ayant reçu cette foi et cette prédication, elle la garde avec un extrême soin, habitant une même maison, n'ayant qu'une même âme et un même cœur ^ ». TertuUien, Clément d'Alexandrie, Origène, saint Hilaire, saint Jérôme donnent au mot d'Eglise le même sens quand ils disent : « Les hérésies ne persécutent pas moins TÉglise par la corruption de leurs dogmes que l'Antéchrist ne l'a persécutée par la cruauté des tourments ''. L'Église est rendue participante de la nature de l'unité ; car elle est une, quoique les hérésies s'efforcent de la diviser en plusieurs parties... ; il n'y a qu'une vraie Eglise, qui est celle qui est ancienne ^. Par ces paroles du Cantique : Celle qui m'est proche est au milieu des fdles comme un lis entre les épines, il faut entendre VEglise des gentils qui est entre les épines, à cause des attaques des hérétiques qui l'environnent ^. Tous les hérétiques attaquent l'Eglise, et, en se vainquant les uns les autres, ce n'est pas pour eux, mais pour VEglise qu'ils vainquent... Nous n'avons qu'une même Église, que Dieu a fondée, que les apôtres ont établie, d'où l'erreur pleine de la fureur de diverses impiétés s'est elle-même retranchée '. 11