Eph., I. 11; Act
APOSTOLICITÉ. 143
îion est quae non habet sacei^dotes ' . Il n'y a de vrais évêques que ceux qui dérivent des apôtres par une succession légitime et par Tordination. C'est ce que l'histoire nous apprend. Aussi saint Paul lui-même, malgré sa vocation divine, fut consacré et envoyé par les apôtres. Or saint Irénée ^, Tertullien ^, saint Épiphane '', saint Optât ^, saint Augustin ^ attestent que la liste des évêques de Rome remonte jusqu'à saint Pierre. Les protestants, au contraire, bien loin d'avoir un épiscopat apostolique, n'ont même pas d'épiscopat. C'est donc chez nous, et non chez eux, que se trouve la note de la succession.
Accoî'd doctrinal ^. On reconnaît unanimement que la doctrine apostolique s'est conservée pure dans l'Église, pendant les cinq premiers siècles. Or les protestants avouent que nos dogmes existaient dès cette époque et que les leurs étaient alors inconnus. Calvin, par exemple, ne craint pas de dire que la croyance aux limbes, croyance dont il se moque, a pour elle de grands auteurs; que sa théorie de l'infériorité du Fils à l'égard du Père est condamnée par les anciens; que saint Augustin n'a pas bien compris l'œuvre de la grâce et de la sanctification; que l'usage de la prière pour les morts est en vigueur depuis plus de treize cents ans, mais qu'il faut y voir une erreur de l'antiquité; que le carême est une superstition pratiquée par les anciens. Les Centuriateurs avouent que l'invocation des saints, regardée par eux comme une idolâtrie, a été recommandée par les docteurs du quatrième siècle. Donc c'est chez nous, et non chez les protestants, que se trouve la vraie doctrine du Christ.
Malgré les distinctions auxquelles il s'était livré, Bellarmin n'avait pas su éviter les confusions et les redites. On ne tarda pas à s'apercevoir que sa thèse avait besoin de précision. Mais on remarqua surtout qu'il avait à peine effleuré certains problèmes et que des études plus étendues s'imposaient.