De concil. et Eccl. mil, 4. 9 (sixième note
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Les développements portèrent surtout sur Tapostolicité de la doctrine, qui reçut trois démonstrations principales. Les deux premières, d'ordre positif, consistèrent à établir, soit directement, soit indirectement, Tidentité de la doctrine actuelle de IKglise romaine avec la doctrine des premiers siècles. Nous trouvons la démonstration directe sous la plume de du Perron. Dans sa Réplique au roi d'Angleterre, ce docte controversiste dressa une longue liste d'articles, sur lesquels catholiques et protestants étaient en contestation; il affirma que, sur chacun de ces articles, la croyance catholique était d'accord avec celle des Pères; et il donna des références qui permirent de contrôler chacune de ses assertions. La conclusion est formulée en ces termes ^ : « Voilà ce que le sérénissime Roy, quand il luy plaira d'y penser avec loisir suffisant, trouvera qu'estoit r Eglise catholique au temps de saint Augustin et des quatre premiers conciles. Que sa Majesté voye si à ces traicts de visage elle recognoistra celle de Calvin ou la nostre. » Toutefois la dissertation de du Perron était trop étendue pour avoir de la profondeur. On renonça à utiliser une liste qui n'était qu'une nomenclature munie de références. Becan ^ restreignit à sept articles la confrontation doctrinale de TKglise romaine avec les premiers siècles, à savoir au purgatoire, à l'invocation des saints, au sacrifice de 'la messe, à la transsubstantiation, au libre arbitre, aux bonnes œuvres, aux traditions. Ayant ainsi délimité son champ d'étude, il put apporter en nombre des textes dont malheureusement plusieurs étaient apocryphes ou mal choisis. Puis, avec Petau, Nicole, Boileau, Bossuet, etc., la démonstration positive de l'apostolicité de la doctrine s'éleva à la hauteur d'une étude scientifique. La Perpétuité de la foi sur l'eucharistie, le Traité de la communion sous les deux espèces, la Tradition défendue sur la matière de la communion sous une espèce, Historia confessionis auricularis, tous ces livres et dautres encore, dont la simple analyse demanderait un volume, témoignent de recherches dont l'exac-
1. Réplique à la response du sérénissime roy de Ut Grand Bretagne, 1. 18. ]). 82.
2. De Ecclesia ChrisCu (|u. 2, conclus. 3, dans les Opuscula theologica, p. 810.
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titude laisse parfois peut-être à désirer, mais dont on ne saurait trop admirer le sérieux et la profondeur.
A cette démonstration directe de l'apostolicité de la doctrine, s'en ajouta une seconde tirée de l'impossibilité où étaient les protestants d'assigner la date de la déviation doctrinale de l'Église romaine. Si notre croyance n'est pas identique à la croyance des premiers siècles, on doit pouvoir dire à quelle époque la corruption a eu lieu. Or les protestants sont dans l'impossibilité de préciser cette époque, ou, du moins, ils sont dans le désaccord le plus complet, quand ils entreprennent de la préciser. Telle est la preuve indirecte de l'apostolicité doctrinale de l'Eglise romaine. Nous en trouvons les matériaux dans Coccius qui, par un recueil de textes authentiques, montra le désarroi des protestants sur ce point '. Elle reparaît assez fréquemment dans la suite chez les controversistes, notamment chez Becan.
Les deux preuves qui précèdent tendent à démontrer, chacune à sa manière, que la doctrine actuelle de l'Eglise romaine est apostolique : elles ont un caractère positif. Mais, non contents de défendre Rome, les controversistes, passant à l'offensive, portèrent la guerre sur le terrain protestant et établirent que les disciples de Luther et de Calvin ne pouvaient aucunement prétendre à l'apostolicité de doctrine. Cette démonstration, d'ordre négatif, fut inaugurée par Coccius. Ce compilateur dressa de longues listes d'assertions émises par les chefs de la Réforme, et la conclusion qui se dégageait de ces listes était que les doctrines protestantes n'avaient à aucun degré la fixité, l'immobilité nécessaire aux enseignements apostoliques. En 1688, parut en France un livre dont les premières lignes nous sont déjà, en partie, connues"^ : « Si les protestants savaient à fond comment s'est formée leur religion, avec combien de variations et avec quelle inconstance leurs confessions de foi ont été dressées ; comment ils se sont séparés premièrement de nous, et puis entre eux... cette réforme dont ils se vantent ne les contenterait guère ; et pour
1, Thésaurus calholicus, Mb. 8, art. 1. 2 et 5.