Luc
cipe, c'est que ceux qui ont rédigé les saintes Écritures n'y ont pas mis en toutes lettres tous les dogmes. La virginité perpétuelle de Marie, la descente du Christ aux enfers, le baptême des petits enfants, la conversion du pain et du vin au corps et au sang du Christ, la procession du Saint-Esprit du Fils, l'égalité substantielle des trois personnes, leur distinction basée sur les propriétés relatives, tout cela n'est pas exprimé en toutes lettres dans les livres canoniques. Pourtant tout cela est de foi et doit être cru sous peine d'hérésie.
Troisième principe. Parmi les vérités qui appartiennent à la foi, il en est qui ne sont dans les saintes Lettres ni clairement ni obscurément. Les paroles « mysterium fidei et aeterni testamenti » que nous récitons pour la consécration du calice et dont nous croyons que le Christ s'est servi, ne sont pas dans les évangiles. On n'y lit pas non plus que le Seigneur consacra « levatis oculis ad Deum patrem suum ». De même, la maxime du Sauveur : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir » ne nous a été conservée que par saint Paul'. D'où il suit que les évangiles ne rapportent ni toutes les actions ni toutes les paroles du Christ. Les Ecritures ne fournissent non plus aucun renseignement sur l'obligation d'implorer le secours des martyrs, de célébrer leur mémoire, de vénérer leurs images ; sur le devoir qu'ont les prêtres de célébrer le sacrifice eucharistique avec le corps et le sang et de consommer l'un et l'autre ; sur la défense de réitérer les sacrements de confirmation et d'ordre. Pourtant la croyance de l'Église est aussi ferme sur tous ces points que si elle avait son fondement dans l'Écriture. Enfin ce n'est pas par l'Écriture que nous savons qu'il y a quatre évangiles, quatorze épîtres de saint Paul, un Ancien et un Nouveau Testament. Il existe donc beaucoup de dogmes de la foi catholique en dehors de l'Ecriture.
Quatrième principe. Les apôtres ont eu plusieurs motifs de ne pas consigner par écrit toutes les doctrines révélées, mais d'en réserver quelques-unes à l'enseignement oral. Par là ils ont voulu tout d'abord éviter les moqueries des païens et le mépris des fidèles. Il est bon que certains enseignements soient
\.Act., 20. 35.
cachés au vulgaire et ne soient confiés qu'à une élite. Si les apôtres avaient divulgué la forme des sacrements, les rites requis pour les administrer, ils n'auraient abouti à rien autre chose qu'à jeter des perles devant des pourceaux. En second lieu, les apôtres ont tenu compte de ce fait que la parole agit sur l'âme avec une puissance bien supérieure à celle de l'écriture. C'est ce qu'avait compris Papias, quand il allait interrogeant tous ceux qui avaient entendu les apôtres, parce que, disait-il, les entretiens de vive voix étaient bien plus instructifs que la lecture des livres ^ Troisièmement, les hérétiques se sont, de tout temps, appuyés sur l'Ecriture et ont cherché à se mettre sous son patronage. Il était donc nécessaire qu'il y eût des traditions apostoliques fixant le sens des textes scripturaires et nous apprenant comment nous devons les entendre. Seules de pareilles traditions permettent de combattre efficacement les hérétiques, qui, autrement, s'abriteront toujours derrière les Ecritures. Les apôtres ont dû expliquer de vive voix le sens de l'Ecriture à leurs disciples; ils ont dû, à côté de l'enseignement écrit, créer un enseignement oral qui s'est transmis jusqu'à nous. Et ce qu'ils ont dû faire, ils l'ont fait. Nous le savons d'abord par les Pères qui attestent l'existence de traditions apostoliques. Nous le savons encore par rÉcriture elle-même, dans laquelle nous lisons : « Gardez les traditions que vous avez reçues soit par mes lettres, soit par mes discours^. — Je vous loue, frères, de ce que vous observez mes préceptes tout comme je vous les ai transmis ^. — J'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmise — Je réglerai le reste quand je viendrai ■'. — Reste fidèle à la saine parole que tu as entendue de ma bouche. Garde le bon dépôt ^. — I Ce que tu as entendu de ma bouche, en présence de nombreux 1 témoins, confie-le à des hommes sûrs, qui seront aptes à enseigner les autres"* . — J'aurais d'autres choses à vous dire. Mais
1. FuNK, Paires apostolicl [Tuhinguo, 1901), l.oôl. t>. // Thess., 2. 14.