‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 14 sur 371 · Tim · texte numérisé non relu

Tim

je ne veux pas les consigner avec de l'encre sur du parchemin. J'espère me rendre bientôt au milieu de vous et alors je vous parlerait » D'ailleurs qui croira que saint Pierre a passé sept ans à Antioche et vingt-cinq ans à Rome sans ouvrir la bouche, ou qu'il n'a pris la parole que pour dire ce qu'on trouve dans ses deux épîtres? Et les autres apôtres ont-ils pu inculquer la foi à leurs églises par l'Ecriture? N'étaient-ils pas nécessairement réduits à employer l'enseignement oral? Concluons donc que la doctrine chrétienne n'est pas toute dans l'Écriture, mais qu'elle a été en partie communiquée par les apôtres au moyen de l'enseignement oral.

L'existence de traditions apostoliques étrangères à l'Ecriture étant ainsi prouvée il s'agit de savoir à quels signes ou, si l'on veut, à quelles marques nous pourrons reconnaître ces traditions.

Les marques des traditions apostoliques sont au nombre de quatre. La première a été formulée par saint Augustin en ces termes : « Ce qui est admis par l'Eglise universelle et ne vient pas des conciles, mais a toujours été cru, doit être considéré comme devant son origine aux apôtres ^w. On dira, par exemple, en vertu de ce principe, que les ordres mineurs, la loi du jeune, le baptême des enfants, la consécration des vierges, la profession monastique, l'usage des lampes et des cierges dans les temples, la vénération des images, sont d'origine apostolique.

Seconde marque. On doit considérer comme venu des apôtres tout enseignement qui, bien qu'étranger à l'Ecriture, a été, dès l'origine, présenté par tous les Pères comme un dogme. Tel est le cas de la virginité perpétuelle de Marie, de la descente du Christ aux enfers, du chiffre des évangiles.

Troisième marque. Ce qui est approuvé dans l'Eglise par le sens commun des fidèles et qui dépasse néanmoins le pouvoir humain, vient nécessairement des apôtres. Par exemple, c'est par suite de la volonté du Christ transmise par les apôtres que l'Eglise reconnaît une vertu dirimante aux vœux solennels

Page 1