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146 NOTES DE l'Église.
dire franchement ce que je pense, elle ne leur inspirerait que du mépris... Je prétends démontrer aux protestants la fausseté de leur doctrine dans leurs continuelles variations, et dans la manière changeante dont ils ont expliqué leurs dogmes^ . » U Histoire des Variations se sert des changements subits par la dogmatique protestante pour lui enlever l'auréole de l'apostolicité. On opposa donc aux protestants l'apostolicité de la doctrine. On leur opposa aussi l'apostolicité de la succession ou du ministère. Si on avait eu affaire aux Grecs schismatiques, le problème eût été complexe et, pour le résoudre, il eût fallu, compléter ou du moins éclairer les textes par des commentaires théologiques. Mais, avec les protestants qui n'avaient pas d'épiscopat traditionnel, on pouvait procéder plus simplement. Si, parfois, on entra dans les distinctions de l'apostolicité matérielle et de l'apostolicité formelle, ce fut pour dire qu'on n'en avait pas besoin, et l'on utilisa à l'état brut les témoignages, soit scripturaires, soit patristiques, où était proclamée la nécessité de la succession. Selon son habitude, Coccius recueillit sur ce sujet une ample moisson de textes -. Après lui, on fit un choix et l'on ne garda que les attestations les plus importantes, par exemple celles de saint Irénée, de Tertullien, de saint Cyprien. Bossuet, sans négliger de faire appel aux Pères ^, se préoccupa surtout d'établir la nécessité de la succession sur l'autorité de l'Ecriture '•, et ce fut au texte ecce ego \>obiscum sum qu'il s'adressa : « C'est donc avec raison, lisons-nous dans ses Réflexions sur u?i écrit de Claude, que Jésus-Christ a voulu marquer la suite de son Eglise par celle du ministère ; et on voit manifestement que c'est à ceux qui enseignent qu'il a voulu dire : Je suis toujouj^s açec ^ous... C'est donc la succession et la perpétuité du ministère qui est comprise principalement dans cette promesse ; c'est là principalement que Jésus-Christ établit la force et l'éternelle durée de son Eglise. »