‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 139 sur 371 · Dispulatio, j · texte numérisé non relu

Dispulatio, j

G. Voici comment s'exprime saint Augustin dans les Jîétraclaliom, 1. 21. 1, M. 32. G18 : « J'ai dit dans un endroit, en parlant de l'apôtre Pierre, que l'Église a été fondée sur lui comme sur une pierre. Cette pensée fait le fond du vers suivant de saint Ambroise .que le ptniple chante : Au

sentiment, dit-il, le saint docteur rappelle que ce sentiment a été soutenu par saint Ambroise. Ainsi que je l'ai reconnu, il atteste avoir parfois identifié \d.petra avec le Christ et il abandonne au lecteur le choix entre les deux sentiments ; quant à lui, il ne se prononce pas. Aussi je nie que, dans l'homélie alléguée, saint Augustin se soit prononcé contre l'identité de Idi petr a et de Pierre. »

Luther répondit que, son adversaire avait à peine deux docteurs pour patronner son interprétation de la petra^. Eckius maintint qu'il en comptait un grand nombre. Quand on se sépara, chacun des combattants gardait ses positions. Toutefois, tandis que le défenseur de la papauté s'attribuait hautement la victoire, le moine saxon reconnut qu'il avait une revanche à prendre et, un mois plus tard (août 1519), il publia la Resolutio lutheriana super propositione XIII de potestate papae qui, sans apporter aucun élément nouveau de quelque importance, mettait dans une meilleure lumière les objections que nous avons rencontrées-.

La réplique, bien que moins rapide, ne se fît pas attendre longtemps. L'année suivante (1520) paraissait un livre intitulé : De primata Pétri adversus Ludderum. C'était Eckius qui entreprenait de réduire à néant la Resolutio lutheriana. Dans cette réfutation, la discussion patristique de la petr a occupait douze pages in-folio^. Une vingtaine de docteurs, depuis saint Cyprien jusqu'au pape Alexandre II, avaient été appelés en témoignage conjointement à plusieurs conciles. Tous déclaraient que la petra devait être identifiée avec saint Pierre et que ce glorieux apôtre avait été établi par le Christ

moment où le coq chante, la pierre de l'Église efface sa faute. Mais je vois que très fréquemment dans la suite (postea saepissime), j'ai appliqué le super hanc pelram au Christ dont saint Pierre a confessé la foi, comme si Pierre — appelé ainsi par la petra — représentait l'Église qui est construite %\\Y\d,pelra et qui a reçu les clefs du royaume des cieux. 11 ne lui a pas été dit, en effet : tu es pelra, mais : tu es Petrus. C'est le Christ qui était la petra; Simon, pour l'avoir confessé, comme le confesse toute l'Église, fut appelé Petrus. Au lecteur de voir lequel de ces deux sentiments est le plus probable. >»

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