‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 140 sur 371 · De primatu Pétri adversus Ludderum, lib. I, cap. 3 à · texte numérisé non relu

De primatu Pétri adversus Ludderum, lib. I, cap. 3 à

fondement de lÉglise. On apprenait que saint Jérôme avait donné cette interprétation, non seulement dans l'endroit de son livre Contre les Pélagiens que nous connaissons déjà, mais dans deux autres endroits, notamment dans ce passage du traité Contre Jovinien : « L'Église, dis-tu, a été fondée sur Pierre. Je laccorde : bien que les apôtres aient ailleurs reçu la même prérogative; qu'ils aient tous reçu les clefs, et que l'Église ait été bâtie également sur tous. Toutefois l'un des douze a été choisi pour être chef pour conjurer le danger des schismes^. » On apprenait que saint Hilaire avait écrit dans son Commentaire sur saint Matthieu : « Bienheureux fondement de l'Église, par le nouveau nom que tu as reçu! Digne pierre sur laquelle est construite celle qui doit détruire les lois de l'enfer, les portes de l'abîme et toutes les prisons de la mort^! » On apprenait qu'Origène, saint Léon, saint Grégoire, beaucoup d'autres encore, s'étaient exprimés dans le même sens. La décrétale du pape Anaclet était l'objet d'un long plaidoyer. Quant à saint Augustin, il était présenté comme ayant identifié la petra, tantôt avec Pierre, tantôt avec le Christ et comme ayant, dans ses Rétractations, laissé au lecteur le soin de choisir entre ces deux interprétations. D'ailleurs un texte de ses homélies sur saint Jean était cité dans lequel on lisait : « Pierre représentait l'Eglise universelle, quand il reçut la promesse des clefs du royaume des cieux^ ». Etait également cité un autre sermon du même docteur qui disait : « Vous avez entendu dire fréquemment que Pierre a été appelé /?e//*rt par le Seigneur. En etfet, le Seigneur lui a dit : Tu es Pierre et sur cette pierre... Puisque Pierre est la petra sur laquelle l'Église est bâtie, c'est à juste titre qu'il est le premier à guérir. » Seulement la citation qu'on vient de lire était précédée de cette petite note : si tamen liber iste sit Augustini' . On doit reconnaître qu'Eckius a été le premier à faire l'interprétation patristique du texte : tu es Petrus.

\. Adv. Jovinianum, 1. 20, ^I. 23. 247.

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